Gabon: «le niveau de la dette publique ne franchirait pas le seuil de 5300 milliards de francs»

Hugues Mbadinga, directeur général de la dette © GMT/D.R

Si elle n’a pas levé les doutes concernant l’évolution de la dette publique, la « mise au point » de la direction générale de la dette nous aura au moins permis d’en savoir un peu plus sur la situation économique actuelle. Ainsi, selon le communiqué « le niveau de la dette publique ne franchirait pas le seuil de 5300 milliards de francs de Fcfa ».

GABON LIBREVILLE

Voilà une information qui pourrait a priori en rassurer plus d’un, tant la situation économique du pays demeure délicate. En affirmant que « le niveau de la dette publique ne franchirait pas le seuil de 5300 milliards de francs en 2018 », la direction générale de la dette tente de masquer une crise qui est pourtant existante.

En effet, selon les données du Fonds monétaire international (FMI) qui est un partenaire privilégié du Gabon, le niveau de la dette publique correspond en 2018 à 58,4% sur la base d’un PIB  à 8370 milliards de Fcfa, ce qui correspond à 4883 milliards de Fcfa (hors arriérés). De ce point de vue, si l’on inclut les arriérés de paiement, on atteint le montant faramineux de 5440 milliards de Fcfa.

Au delà de ce point, plusieurs questions demeurent, à savoir celles relatives à : l’improductivité de certains prêts, la contraction de nouveaux prêts, l’opacité des données financières, comme l’a souligné le FMI. De plus, l’emprunt à venir de 115 milliards de Fcfa de la Banque mondiale, et celui de 184 milliards de Fcfa contracté « pour la modernisation du secteur agricole » laissent perplexe, au regard du coût du programme Graine.

Par ailleurs, le Plan de relance de l’économie (PRE) demeure jusque là un échec. Un an après sa mise en œuvre, le pays demeure dans une situation précaire, accentuée par la baisse de la production pétrolière, la hausse de l’impôt sur le revenu, et une inflation galopante. Le fait que seulement « 30% du budget de l’Etat serait exécuté », suscite également l’étonnement.

Par conséquent, bien que les autorités refusent d’admettre les difficultés auxquelles le pays est confronté, la situation mérite qu’on s’y attarde, car le niveau de la dette a bel et bien franchi le cap de 5400 milliards de Fcfa.

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