Gabon: le ministère de la Santé «n’est pas impliqué dans l’achat des antirétroviraux»

Tensions de stock d'antirétroviraux au Gabon © D.R

La polémique sur la possible rupture de stock de certaines molécules utilisées dans le traitement des personnes vivant avec le VIH/Sida continue de faire l’actualité. Alors que le ministère de la Santé est depuis lors mis au banc des accusés dans cette affaire, il ressort, selon certaines sources contactées par Gabon Media Time que cette pénurie trouverait son origine dans la faiblesse du montant inscrit au budget de l’Etat et dont l’élaboration a été faite par le ministère du Budget et des Comptes publics.



Cette affaire révélée à l’opinion grâce à l’interpellation faite par le coordonnateur de Global fund advocates network (GFAN), Guy René Mombo Lembomba, a suscité une véritable onde de choc au sein de l’opinion. Dans le flot de réactions enregistrées jusque-là, le ministère de la Santé a été pointé du doigt, certains appelant même à la démission du premier responsable Me Denise Mekam’ne. Sauf qu’à la lumière des faits, ce département n’est, semble-t-il, pas à l’origine des difficultés enregistrées dans l’approvisionnement des antirétroviraux (ARV).

En effet, selon une source proche dudit ministère, c’est au cours d’une réunion entre les responsables du Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), ceux des Centres de traitement ambulatoire (CTA) et des partenaires sociaux que l’information sur les tensions de stock a été fournie afin que les médecins des CTA créent des groupes de parole pour expliquer aux malades qu’une rupture arriverait et qu’il y a des molécules de substitution. Une information vite relayée dans la presse créant de facto une polémique qui n’a pas fini d’enfler.  

Selon les informations fournies par nos sources au ministère, « sur près de 3,5 milliards qui sont nécessaires pour couvrir les dépenses liées à l’achat des molécules, seulement 1,5 milliard a été prévu dans la loi de Finances 2018 ». Pis, confient-elles à Gabon Media Time, compte tenu du déficit budgétaire, seulement 600 millions ont été mis à disposition et sur ce montant des décaissements par tranches sont prévus. C’est dans ce sens qu’au mois de février dernier seulement 100 millions ont été décaissés sur le montant restant.

Une somme dérisoire qui, au demeurant, ne suffit pas pour lancer une commande d’antirétroviraux. Outre l’achat de molécules, une partie de cette enveloppe est également utilisée pour le remboursement de la dette contractée auprès du fournisseur l’année dernière, lors de la pénurie qu’avait connu le Gabon. Il faut préciser que le département de la Santé ne perçoit aucune enveloppe pour l’achat des molécules. « Le paiement se fait entre le fournisseur et le ministère du Budget », précisent nos sources.

Par ailleurs, concernant l’idée d’une aide apportée par la République du Congo au Gabon, cette action s’inscrit dans un mécanisme normal coordonné par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, en amont, s’assure que les fournisseurs sont agréés et en aval que les stocks périmés ne sont pas administrés aux patients. Quand certains pays voisins sont en surstock, ils peuvent mettre à disposition du Gabon ou des autres pays en rupture de stock le surplus, à charge pour les Etats bénéficiaires de les rembourser.

Dans ce cadre, il y a lieu de préciser que les remboursements ne se font pas en argent. Ils se font en nature. Ce mécanisme se fait avec l’appuie technique de l’organisme onusien. « Le rôle de l’OMS est de coordonner les emprunts et les remboursements de molécules en nature et d’ailleurs l’OnuSida ne joue aucun rôle dans ce processus », martèlent nos sources.








Laissez votre commentaire