samedi,31 octobre 2020
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Gabon: le lien étroit entre corruption et insécurité routière

Les chiffres de la Direction générale de la sécurité routière (DGSR) concernant le nombre d’accidents et de décès enregistrés sur les routes font froid dans le dos. Plus de 14000 accidents entre 2012 et 2018, plus de 2500 blessés, et pas moins de 690 décès, c’est effroyable. Face à cette situation, le constat est à la fois simple et complexe. Mais il peut trouver sa source dans une corruption policière qui bat son plein et qui conduit inéluctablement à un cercle vicieux d’impunité. 

Avec plus de 14000 accidents enregistrés entre 2012 et 2018 sur les routes gabonaises qui ont occasionnés officiellement pas moins de 690 décès, il est plus que temps de trouver des réponses à un phénomène qui meurtrit les familles gabonaises. Ainsi, il ne se passe pas  une seule semaine sans qu’au moins une famille gabonaise ne soit endeuillée des suites d’un accident de la  circulation. Quil s’agisse d’un excès de vitesse imputable à  des automobilistes, ou à l’absence d’infrastructures routières de qualité, plusieurs causes peuvent être à l’origine de cet état de fait. 

En effet, dans ces conditions, difficile de ne pas faire de lien entre corruption policière et insécurité routière, au regard des nombreuses défaillances constatées. Difficile également de ne pas se dire que la corruption, notamment policière, serait à l’origine de nombreux risques d’accidents vu le nombre incroyablement important de conducteurs sans permis de conduire, disposant à la place, de documents frauduleux ou falsifiés, enregistrés sur toute l’étendue du territoire.

Ce fatalisme doublé d’un refus de trouver des solutions qui prévalent face à l’incroyable hécatombe sur les routes gabonaises est d’autant plus effarant que de jour en jour, ces policiers se montrent de plus en plus voraces, profitant d’une méconnaissance partielle ou totale de leurs droits par des automobilistes qui pensent à tort « qu’un petit billet glissé dans le képi du chef » est la solution. Résultat, de nombreux chauffeurs ou chauffards, circulent avec des véhicules souvent dysfonctionnants, causant de nombreux dégâts. 

Quand on sait que le Gabon dispose d’une Direction Générale de la Sécurité Routière, censée « concevoir et faire appliquer la politique du Gouvernement en matière de sécurité routière (…) », difficile de croire que cette dernière joue pleinement sa partition. Alors même qu’elle a les outils, pour concevoir et mettre en œuvre toutes les mesures de prévention et de sécurité routière, permettant d’améliorer les conditions d’utilisation de la route  et d’exercer son action sur les infrastructures routières et ses équipements, la sécurité des véhicules, le comportement des usagers et l’environnement.

 

Laissant le soin aux policiers de dicter leur loi sur les routes, et à la corruption de se développer, cette dernière assiste impuissante à un trop plein d’accidents. Tordant le cou à la légalité, la corruption qui aujourd’hui se banalise, conduit donc à une criante insécurité routière, qui elle mène inéluctablement à des dégâts collatéraux. Si le gouvernement n’est pas le garant des comportements responsables des conducteurs et usagers de la route, il est néanmoins garant du strict respect des dispositions légales. Un mort de plus étant toujours  un mort de trop, il faut agir! 

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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