Gabon : le haro de Annie-Léa Meye sur le trafic du kevazingo et les placements

Annie-Léa Meye © GMT

Femme politique et reconnue depuis près d’une décennie, Annie-Léa Meye a tenu dans une déclaration de presse rendue publique ce vendredi 24 mai 2019 à donner sa position sur l’actualité brûlante du moment notamment la disparition mystérieuse de 353 conteneurs de kevazingo au port d’Owendo mais aussi le phénomène de plus en plus croissant  du proxénétisme encore appelé “placement” chez les jeunes filles.

Alors qu’elle s’apprête à prendre la tête d’une association internationale sur le leadership féminin, le cadre de Démocratie nouvelle (DN) a tenu à réagir aux récentes affaires qui ont secoué le pays. A cet effet, elle est revenue non seulement sur le scandal politico-financier du Kevazingo, qui a conduit il y a quelques jours à l’éviction du vice-president Pierre Claver Maganga Moussavou et du ministre des Forêts Guy Bertrand Mapangou, mais aussi à la problématique du proxénétisme en milieu scolaire.

Abordant cet épineux phénomène qui s’invite de plus en plus dans les cours de récréation des lycées et collèges du pays, Annie-Léa Meye s’est insurgée contre ces pratiques qui avilissent la jeunesse et plus particulièrement les jeunes filles. « Il ne peut pas être considéré normal que des jeunes filles, des enfants, soient victimes des vices des adultes en mal de sensations et avides de pratiques fétichistes, utilisant l’argent-roi, pour se maintenir aux affaires.», a-t-elle indiqué. Une indignation somme toute légitime alors que selon le leader politique les enquêtes sur les crimes dits rituels n’ont pas encore donné toutes leurs conclusions et certains criminels sont toujours en cavale.

Par ailleurs, elle a dénoncé l’attitude « égoïste » des proches du président de la République Ali Bongo, qui selon l’oratrice, « n’en veulent que pour leurs poches, laissant croupir dans la misère un peuple à qui on continue d’exiger des sacrifices ». Elle en veut pour preuve le récent scandal dénommé kevazingogate qui a laissé apparaître un véritable système de prévarication des richesses du pays par un petit groupe de privilégiés.

Tout en saluant  « des deux mains la dernière décision du président de la République, en vue de sanctionner avec la dernière énergie toutes les personnes mêlées de près ou de loin à cette affaire dite du  » kevazingo », elle a souhaité que l’impunité cesse dans le pays. « J’invite le Chef de l’Etat à aller beaucoup plus loin que cela pour que nous n’ayons pas l’impression que les premières sanctions ne sont que de l’enfumage pour endormir le peuple. Il faut que la lumière soit faite à tous les niveaux de la chaîne de commandement et que les coupables en tirent les conséquences », a-t-elle martelé.

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