Gabon: le gouvernement sollicite l’aide judiciaire de la France dans l’affaire Santullo

Guido Santullo © D.R

Dans l’affaire qui l’oppose au groupe Sericom de l’homme d’affaires franco-italien Guido Santullo, l’Etat gabonais, par l’entremise de son gouvernement a sollicité une aide judiciaire à la France, la semaine dernière. La démarche entreprise par le ministre d’Etat à la Justice fait suite à une première  plainte déposée le 14 mai 2018 par l’Agence judiciaire de l’Etat gabonais.



Le ministre d’Etat à la Justice, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou a adressé la semaine dernière une demande d’aide judiciaire au Parquet national financier de France dans l’affaire qui oppose l’Etat gabonais au groupe Sericom de l’homme d’affaires franco-italien Guido Santullo. Pour l’Etat gabonais, le groupe Sericom se serait rendu coupable de corruption active d’agents publics étrangers, pour l’obtention illégale de marchés publics, d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment d’argent.

Le gouvernement espère que ces infractions et crimes financiers suffisent à condamner les sociétés de l’homme d’affaires Guido Santullo, rétablissant par la même occasion le pays dans ses droits et obtenir réparation. Par cette demande, le ministre de la Justice entend simplement mettre en branle la convention d’aide mutuelle judiciaire, d’exequatur des jugements et d’extradition entre la France et le Gabon du 23 juillet 1963.

Une entente dont le Gabon compte user dans cette affaire de gros sous. En effet, c’est un peu plus de 380 milliards de Fcfa que Guido Santullo aurait remportés dans le pays, en échange des faveurs envers des fonctionnaires gabonais, rapporte L’Union. Dans le même temps, le gouvernement gabonais accuserait l’hommes d’affaires d’avoir utilisé un établissement de microcrédit gabonais pour rapatrier ses fonds en France, où plusieurs comptes sont domiciliés… au Crédit Nord.

Selon le quotidien, le dispositif mis en place aurait consisté à faire exécuter les ordres de virement au bénéfice du groupe Santullo Sericom en Europe par Epargne et Développement Gabon (EDG), établissement de microcrédit fondé par Jean-Claude Kenmengui, et qui disposait d’un compte à l’Union gabonaise de banque (UGB).

Rappelons qu’en dépit du décès de Guido Santullo le 27 août 2018 en Suisse, le groupe Santullo-Sericom a réclamé 400 milliards de francs à l’Etat gabonais, relançant le contentieux au tribunal de Paris le 11 février dernier.

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