Gabon: le gouvernement s’auto-satisfait d’un niveau d’endettement à plus de 60% du PIB 

Au lendemain de la présidentielle d’août 2016, Ali Bongo Ondimba a engagé le gouvernement, à travers le Plan de relance économique 2017-2019, à faire passer le niveau d’endettement public à moins de 40% du Produit Intérieur Brut (PIB). Trois ans plus tard, cette ambition se solde par un échec cuisant à l’analyse de la situation économique  actuelle ponctuée notamment par le chômage, les tensions de trésorerie et l’absence de la commande publique. 

L’encours de la dette publique est un sujet des plus préoccupants. En seulement 10 ans, sur la période 2009 et 2019, son niveau est passé d’un chiffre raisonnable de 1 368 milliards de FCFA, représentant 20,40% du PIB, au montant faramineux de 5 142 milliards de FCFA, représentant près de 60% du PIB. Une dette publique qui a donc vertigineusement explosé au cours des dix dernières années, faisant peser sur le Gabon un risque d’insolvabilité sans que les populations ne ressentent au quotidien son impact sur leurs conditions de vie. 

En effet, si le président de la République lors de son adresse à la Nation le vendredi 16 août 2019, s’est réjouit de ce « que depuis 2016, l’endettement au Gabon a baissé pour passer de 64% à 60% du PIB » en ajoutant que « cette réduction se poursuit », il n’en demeure pas moins que les 3 773 milliards de FCFA contractés en 10 ans n’ont quasiment pas porté leurs fruits en termes de retour sur investissement. Le Gabon manque toujours d’infrastrures de base, les universités qui devaient être construites ne l’ont pas été, il en est de même pour 8 des 10 centres de formation professionnelle et de perfectionnement qui devaient être construits entre 2017 et 2019. 

Par ailleurs, en analysant de plus près la situation, on se rend compte que sur les trois dernières années, la dette intérieure constitue en moyenne 30% du volume de la dette globale. Ce qui représente, d’un point de vue comptable, plus de 1 379 milliards de FCFA en 2019, et d’un point de vue socio-économique, une difficulté majeure en matière de création d’emplois et de richesses. Une situation qui constitue également un frein à l’objectif de relance de l’Économie dont le programme est désormais perçu par de nombreux analystes, comme un simple « business plan » rédigé par le gouvernement aux fins d’obtenir du FMI son Mécanisme élargi de crédit. Ledit Mécanisme dont le Gabon est toujours en attente du versement de la dernière tranche.

En définitive, bien qu’en dessous du critère de convergence de la zone CEMAC qui est établie à 70% du PIB, la dette publique gabonaise demeure particulièrement onéreuse et surtout peu productive. A l’image de son PRE qui devait « impulser une dynamique nouvelle à la mise en œuvre du PSGE entre 2017 et 2019 », force est de constater que le gouvernement a relégué l’orthodoxie financière au second plan. 

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