Gabon: le gouvernement règle 107 milliards sur les 5400 milliards dus au titre de la dette

Le ministère de l’Economie, des Finances et des Solidarités nationales, vient de rendre public son rapport trimestriel d’exécution budgétaire. Dans ce document qui retrace l’évolution des dépenses poste par poste, l’on apprend qu’au titre de la dette par exemple, ce sont pas moins de 107,1 milliards de FCFA, qui ont été réglés à fin juin, une somme dérisoire au regard du montant global qui dépasse les 5400 milliards de FCFA. 

Définies comme l’ensemble des dépenses de l’État consacrées au paiement des intérêts de sa dette, les charges financières de la dette représentent pour l’Etat gabonais, un poste de plus en plus onéreux. Ainsi, dans son rapport d’exécution budgétaire, le ministère de l’Economie, des Finances et des Soludarités nationales met en exergue le poids des charges d’intérêts de cette dette. 

En effet, comme indiqué dans son rapport, les règlements intervenus sur ce poste s’élèvent globalement à 107,1 milliards FCFA contre une prévision annuelle de 255,6 milliards FCFA, le tout sur un montant global de plus de 5400 milliards. Supérieurs à ceux exécutés à fin juin 2018 qui avaient atteint 89 milliards FCFA, ces règlements sont composés de 68,6 milliards FCFA de charges d’intérêts sur la dette extérieure et de 38,5 milliards FCFA sur la dette intérieure.  

Dans le détail, les intérêts sur la dette extérieure se composent de 8,9 milliards de FCFA sur la dette bilatérale, 11,9 milliards de FCFA sur la dette multilatérale, 5,7 milliards de FCFA sur les intérêts auprès des banques commerciales et 42,1 milliards de FCFA sur les intérêts des marchés financiers. Pour ce qui est des intérêts sur la dette intérieure conventionnée, ils se répartissent entre 14,3 milliards de FCFA d’intérêts-banques intérieures courants, 5,1 milliards de FCFA de moratoires et 9,8 milliards de FCFA d’intérêts sur les marchés financiers. 

Si elles donnent un aperçu des capacités financières de l’Etat gabonais en ces temps de vache maigre, ces charges sur les intérêts de la dette posent surtout la question de l’utilisation des fonds issus de cette dette. Car, avec plus de 5400 milliards de FCFA d’encours de la dette publique équivalents à plus de 60% du PIB, des dépenses d’investissements en berne et une masse salariale en constante augmentation, ces charges pèsent lourd sur les finances publiques. 

A noter que les charges de trésorerie de l’Etat qui font elles aussi partie des charges d’intérêts de la dette, se composent de 2,8 milliards de FCFA de facilités de caisse, 5,5 milliards de FCFA d’intérêts sur les Bons du Trésor Assimilables (BTA) et 0,8 milliard de FCFA sur d’autres frais bancaires.

Laissez votre commentaire