mardi,24 novembre 2020
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Gabon: le gouvernement prive d’accès des justiciables au Conseil d’Etat

Placé en plein coeur de la commune d’Akanda dans le quartier de la Sablière  et qui plus est dans une zone d’habitations, le Conseil d’Etat qui est la plus haute juridiction de l’Etat en matière administrative est aujourd’hui difficile d’accès en raison de sa situation géographique. Pire, il semblerait que l’accès pour les taxis soient systématiquement refusé à toute personne souhaitant s’y rendre. D’une façon claire et manifeste, cette interdiction de circuler prévue pour les taxis rend difficile d’accès aux Gabonais les plus modestes dénués de moyen de s’offrir un véhicule d’avoir accès au Conseil d’Etat. 

Les autorités gabonaises en délocalisant le siège du Conseil d’Etat dans une zone impossible d’accès sans véhicule personnel avaient-elles pour dessein de priver des centaines de milliers de Gabonais d’accès à la justice ? C’est le sentiment de plusieurs compatriotes qui sont depuis plusieurs semaines impuissants devant les conditions qui leur sont posées pour accéder au siège du Conseil d’Etat. 

Le Conseil d’Etat est la plus haute juridiction administrative. Il juge en dernier ressort les litiges entre les particuliers et les administrations et donc tous les recours déposés par les fonctionnaires. Il a en sus un rôle de conseil du gouvernement en matière de préparation de projets de lois, et décrets. C’est donc la juridiction administrative suprême qui a été délocalisée dans une villa à la Sablière, dans un coin difficile d’accès, imposant des frais de transport importants. Pourquoi ? Quel en est le dessein ? 

Plus grave, plusieurs justiciables ont tenté de s’y rendre nonobstant le coût élevé du transport pour se voir interdit d’accès au motif que pour y accéder, les personnes empruntant un taxi doivent payer au risque de voir le véhicule interurbain immobilisé. C’est du moins ce que dénonce un usager sous couvert d’anonymat . « les agents ont dit que si on insiste et qu’on passe avec le taxi, ce dernier doit payer 50 000 fcfa, sinon la voiture est immobilisée », a-t-on pu lire. 

L’accès à la justice est un droit fondamental de chaque citoyen, découlant de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen. En son absence, les citoyens ne peuvent se faire entendre, exercer leurs droits, contester les mesures discriminatoires ni engager la responsabilité des décideurs. Dit autrement, la justice doit être accessible à tous, sans entrave ni discrimination. Et l’accès à la justice passe par l’accès à ses locaux. 

En délocalisant le Conseil d’Etat dans un quartier interdit d’accès, les autorités gabonaises privent d’accès à la justice, les Gabonais aux moyens modestes comme ceux, par exemple, de la main d’oeuvre non permanente à qui avec leurs modiques moyens, on a refusé le droit de poursuivre l’Etat, quand ce dernier ne remplit pas ses obligations de façon républicaine.

La ministre de la Justice, Gardes des Sceaux, Erlyne Antonella Ndembet vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, garante de l’accès à la justice est donc appelée à se pencher sur cette situation, qui prive plusieurs Gabonais de certains de leurs droits les plus fondamentaux à savoir l’entrave à la liberté de circulation et le droit d’accès à la Justice.

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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