Gabon : le gouvernement épinglé par le rapport de la Cour des comptes

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Le gouvernement Nkoghe Bekale posant avec le président Ali Bongo Ondimba © D.R.

Élaboré dans le cadre de sa mission d’assistance au parlement et au gouvernement conformément aux dispositions notamment de l’article 48 de la Constitution gabonaise et 86 de la LOLFEB, le rapport de la Cour des comptes pour l’exercice 2018, vient d’être présenté au parlement. Dans ce document qui retrace l’exécution des dépenses du gouvernement sur la période sous revue, on peut constater un certain nombre de manquements de la part de celui-ci, à la fois à la déontologie et à l’orthodoxie financière. 


Nonproduction de certains documents nécessaires au contrôle en dépit de l’obligation légale en date du 30 juin au plus tard concernant notamment le projet de loi règlement, le cadre budgétaire à moyen terme, le cadre des dépenses à moyen terme et les rapports annuels de performances. Difficultés dans le recouvrement des restes à recouvrer, évaluation limitée des dépenses fiscales, la cour des comptes dresse un rapport au vitriol de la gestion gouvernemental. 

En effet, marqué par de nombreux manques à la déontologie et à l’orthodoxie financière, ce rapport souligne les difficultés du gouvernement à la fois dans le traitement des données, et le respect des prescriptions budgétaires. A titre d’exemple, la cour des comptes révèle être dans l’incapacité « d’apprécier la régularité des modifications des crédits opérées par les administrations au cours de l’exercice 2018 », preuve de l’opacité dans la gestion des deniers publics. 

En outre, « l’absence d’information immédiate du Parlement constitue un obstacle au contrôle de l’action gouvernementale ». Obstacle traduit par des dépassements de crédits irréguliers, qui ont finalement conduit à un déficit du solde budgétaire. Tous ces faits qui rendent quasiment impossible une vérification stricte et rigoureuse de l’exécution des dépenses, souligne un peu plus la présence quasi systématique de ces « dérapages budgétaires », qui obèrent le processus d’investissements en infrastructures.

Avec un recours systématique à l’emprunt conduisant à une « augmentation constante de l’encours de la dette publique » qui s’élève désormais à plus de 5300 milliards de FCFA contre 4093,065 milliards de FCFA en 2016, la question de l’orthodoxie financière est de plus en plus préoccupante. Au regard du budget 2020 adopté à plus de 3333 milliards de FCFA, de nombreux risques pèsent sur l’avenir du tissu économique gabonais.

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