Gabon: le gel des recrutements, une «solution cosmétique» selon Ndong Sima

Raymond Ndong Sima © GMT

C’est à la faveur d’une conférence qu’il a animée ce samedi 30 mars 2019 à la chambre de commerce de Libreville, que l’ancien premier ministre Raymond Ndong Sima a tenu à aborder la question du gel des recrutements dans la Fonction publique pour une durée de 3 ans. Une mesure qui selon l’ancien chef du gouvernement, est « une solution inadéquate au regard de la gravité de Ia situation » financière que traverse le pays.



Cette mesure annoncée en septembre 2019, puis confirmée lors du Conseil des ministres du 21 juin dernier et réaffirmée lors de la déclaration de politique générale du premier ministre Julien Nkoghe Bekale, s’inscrivait dans la volonté du gouvernement de stabiliser le tissu économique et par la même occasion assurer une gestion parcimonieuse des finances publiques. Sauf que celle-ci ne finit pas de susciter des réactions au sein de l’opinion certains y voyant une mesure inefficace pour résoudre la question de l’insoutenabilité de la masse salariale.

C’est le cas de l’ancien premier ministre, qui lors de son exposé a expliqué que cette décision a été prise dans le souci de trouver un juste équilibre entre la chute des recettes budgétaires de l’Etat et l’accroissement de la masse salariale. En effet, il a indiqué que cette situation est consécutive à la chute vertigineuse des recettes budgétaires à 1797 milliards de Fcfa alors que dans le même temps que la masse salariale a connu un bon à 730 milliards soit près de 50% des dépenses de l’Etat.

« Le gouvernement a choisi, parmi les nombreuses modalités, de procéder à un gel partiel des embauches. Ce choix consiste à arrêter l’accroissement des effectifs dans les administrations soumises à cette mesure mais il pose aussi la question de son efficacité au regard de l’ampleur du déficit à résorber », a-t-il indiqué.

Il a souligné que la contraction des recettes à partir de 2014 aurait dû conduire le gouvernement à plafonner la masse salariale. Mais ce dernier a fait le choix du gel partiel des embauches qui selon lui n’est qu’une « solution cosmétique ». « Elle est d’autant plus modeste que les emplois des ministères exemptés concentrent précisément, en raison de leur qualification moyenne élevée, une masse salariale moyenne relativement élevée », a-t-il indiqué. Pour l’économiste c’est une correction de 42% de la masse salariale qui aurait été nécessaire en 2016.

« La situation des finances publiques requiert une économie significative dans le sommet de l’ensemble de la pyramide des salaires, Celle-ci se trouve dans la classe unique qui est aussi l’expression d’une certaine ancienneté dans l’emploi et dans les cotisations accumulées», a proposé Raymond Ndong Sima. Estimant d’ailleurs que la prise de cette mesure devrait avoir également une incidence positive sur le problème de l’entrée sur le marché du travail de nombreux jeunes diplômés, car la mise à la retraite systématique des agents arrivés dans la classe unique pourrait dégager des milliers d’emplois.

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