Gabon: le gel des embauches, révélateur de «l’amateurisme» du gouvernement !

Les membres du Gouvernement en Conseil des ministres présidé par Ali Bongo Ondimba © D.R

C’est à la faveur d’une conférence de presse tenue ce samedi 30 mars, que l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima s’est prononcé sur l’évolution de la masse salariale et le gel des embauches. Pour ce technocrate émérite, la solution du gouvernement visant à juguler la flambée de la masse salariale par le « gel des embauches » est tout simplement « une mauvaise solution à un problème sérieux ».

GABON LIBREVILLE

Diplômé de l’université Paris-Dauphine et de la Prestigieuse Harvard university, Raymond Ndong Sima est l’une de ces rares personnalités gabonaises, à pouvoir comprendre les problèmes que traverse le pays de manière transversale. Ainsi, lorsqu’il évoque la question cruciale de l’évolution de la masse salariale et qu’il se prononce sur la question, son intervention est forcément suivie avec beaucoup d’attention.

En effet, se prêtant à un exposé sur cette question fondamentale pour l’avenir de notre pays, l’ancien Premier ministre y est allé sans langue de bois. S’il a tout d’abord souligné le fait que depuis des décennies « la masse salariale de I’État a été influencée par les revenus pétroliers collectés », il n’a pas manqué de rappeler que ces revenus se sont contractés de plus de 60% dès 2014, situation qui aurait dû contraindre le gouvernement à faire les ajustements nécessaires.

Ainsi, entre « relèvements des niveaux moyens des salaires publics » en vue d’atténuer la pression croissante du coût de la vie, « recrutements pour compenser la faiblesse de création d’emplois » par le secteur privé, le gouvernement a  pris des décisions qui ont conduit le Gabon à avoir la masse salariale publique la plus élevée de l’espace CEMAC. Ajouté à cela une absence de planification, on aboutit à une décision inadéquate de « geler les embauches ».

Cette décision prise « dans l’urgence » le 19 octobre 2009 et entrée en vigueur en 2017, dans l’espoir de juguler le « gonflement continu de la masse salariale publique », n’a donc pas eu l’effet escompté puisque entre 2010 et 2016, le ratio masse salariale/recettes budgétaires est passé de 22 à 51%. A travers ces preuves quasiment irréfutables, Raymond Ndong Sima a donc démontré que « le gel des embauches » est tout simplement « une mauvaise solution à un problème sérieux ».

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