Gabon: le FMI accordera-t-il la dernière tranche de crédit dans le cadre du MEDC?

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Ali Bongo Ondimba, photo discours à la Nation du 8 juin 2019 © DCP

Non satisfait de la tournure et de l’impact des réformes engagées par le gouvernement dans l’optique d’optimiser voire de réduire les dépenses publiques, le Fonds monétaire international (FMI) pourrait décider de surseoir son appui à destination du Gabon. Ainsi, comme le rapporte la Lettre du continent, le Fonds aurait décidé d’annuler les deux prochaines réunions avec les ministres financiers du Gabon, et de reporter le prochain versement, si il a lieu, au mois de septembre.

GABON LIBREVILLE

En faisant la promotion du Plan de relance de l’Économie (PRE) en 2017, le gouvernement gabonais qui axait ses priorités sur un « nouvel élan de réforme nécessaire pour relancer l’économie, l’optimisation des recettes et le financement de l’économie, la maîtrise des dépenses, le renforcement de la compétitivité des filières “moteurs de croissance” », a quelque peu vendu de la « poudre de perlimpinpin » aux bailleurs de fonds.

En effet, à un peu moins de six mois de l’échéance annoncée par le gouvernement, les résultats de ce PRE sont loin d’être satisfaisants. Ainsi, comme le rapporte la Lettre du continent, le Fonds Monétaire international (FMI) émettrait de sérieuses réserves quant à la poursuite du financement de ce PRE. L’annulation des deux réunions avec les ministres financiers est d’ailleurs un signe fort envoyé par l’institution de Bretton Woods aux autorités gabonaises.

Alors qu’il a déjà décaissé 395,9 millions de dollars (229,8 milliards de Fcfa) dans le cadre de l’accord élargi au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), sur un montant total de 642 millions de dollars (372,5 milliards de Fcfa), le FMI pourrait surseoir le versement du reste de cette somme, ou du moins le réduire considérablement.

Dans ce cas de figure, le gouvernement qui doit composer avec la deuxième masse salariale la plus élevée de la zone franc avec plus de 700 milliards de Fcfa par an, en plus de la baisse accentuée des recettes pétrolières (583 milliards de Fcfa en 2018 contre 1442 milliards en 2013), devra impérativement s’atteler à trouver de nouvelles sources de financement. Néanmoins, en l’absence de politiques visant à réduire de manière transparente le train de vie de l’Etat, et à améliorer le climat des affaires, difficile d’attirer des investisseurs.

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