vendredi,22 octobre 2021
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Gabon: le district de Bolossoville abonné au sous-développement

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Situé à une soixantaine de kilomètres du Centre-ville de Minvoul, chef-lieu du département du Haut-Ntem, Bolossoville est aujourd’hui l’ombre de ce qu’il était du temps où le cacao y était exploité. À ce jour, le plus grand district de la province du Woleu-Ntem (Nord) n’est toujours pas alimenté ni en eau encore moins en électricité. Et ce, malgré les vaines promesses de campagne faites par le Chef de l’État Ali Bongo Ondimba.

Ancienne plaque tournante de l’activité cacaoyère du département du Haut-Ntem, le district de Bolossoville est aujourd’hui un vaste village qui s’étend sur plus d’un kilomètre. La vétusté des bâtiments qui y sont érigés, sont la preuve palpable que les brins d’espoir de développement se sont évanouis avec le temps. De nos jours, il n’est plus rare de contempler des administrations englouties dans les hautes herbes. Une situation désolante qui attriste les nostalgiques du bon temps.

C’est le cas d’Antoine Ella Mezui, secrétaire cantonal retraité. « Dans les années 1964-1965, Bolossoville connaissait alors une activité économique non négligeable […] Le gouvernement gabonais, qui promouvait alors la culture du cacao en milieu rural, avait installé, via le ministère de l’Agriculture, l’entreprise BDPA », a-t-il relaté d’un ton nostalgique. On est bien loin de l’érection de ce grand regroupement en district durant l’année 1993.

Par ailleurs, le chef de regroupement de villages de Bolossoville, Blaise Pascal Mengue Me N’na, a fustigé le comportement fourbe du gouvernement à leur égard.« En 2005, nous avions cru avoir enfin de l’électricité publique, puisque le gouvernement nous l’avait promis et avait déjà fixé les poteaux électriques que vous voyez. On avait déjà également aménagé le site où devaient être entreposés les deux groupes électrogènes promis. Malheureusement, le gouvernement n’a pas tenu parole, et jusqu’à ce jour, notre situation n’a guère évolué »,a-t-il indiqué à l’Agence Gabonaise de Presse (AGP).
Que dire de l’adduction en eau potable ? Ce district n’a jamais bénéficié du programme d’hydraulique villageoise en eau. Seules les réalisations des ONG internationales leur permettent de continuer à s’organiser. Il s’agit des volontaires du progrès et le corps de la paix qui y ont bâti l‘église et l’école protestante. Il faudra attendre 2019 pour voir Bolossoville être doté d’un Collège d’enseignement secondaire (CES). Pour les villageois, il n’existe aucune structure sanitaire dotée du minimum. Le résultat d’un abandon manifeste. Les sociétés forestières sont dès lors, les seuls espoirs des populations.

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Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
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