lundi,26 octobre 2020
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Gabon : le curé de la paroisse de Bitam demande la démission d’Ali Bongo

Au vu du « spectacle désolant et dégradant de la vie sociale en 2019 au Gabon » c’est en  substance ce sur quoi se fonde Mgr Jean-Bernard Asseko Mve, ancien vicaire général du diocèse d’Oyem, actuel curé de la paroisse Immaculée Conception de Bitam, pour demander la démission des personnalités politiques gabonaises actuellement aux affaires. Dans cette lettre à charge dans laquelle on perçoit aisément  une pointe d’émotion, cet homme de Dieu essaie de faire prendre conscience aux dirigeants gabonais qu’ils ont échoué dans leur mission de développer le Gabon et de permettre par là même aux Gabonais d’avoir une vie décente.    

Dans sa missive, le curé s’est d’emblée lancé dans une énumération des maux qui minent le Gabon, certes depuis belle lurette mais dont la recrudescence et le contexte ces derniers temps l’ont poussé à sortir de sa réserve. Mgr Jean-Bernard Asseko Mve  sans surprise, a évoqué la « corruption, les détournements de centaines de milliards et escroquerie à grande échelle, les  arrestations de tous ordres, le chômage, l’arrêt des recrutements, la route nationale impraticable… ». Un état de faits qui fait un clin d’oeil à l’actualité ambiante avec l’opération Scorpion s’agissant des détournements et de la corruption puis évoquant la route nationale impraticable à l’heure où justement dans  état piteux la Nationale 1 coupée en deux, isole les Gabonais de l’arrière pays d’un accès à la capitale. 

Très affligé par les images et autres vidéos qui ont pullulé sur les réseaux sociaux montrant la Nationale 1 dans un état surréaliste exposant ceux qui l’empruntent à faire face à un véritable chemin de croix, Mgr Jean-Bernard Asseko Mvea a abondé dans ce sens. « La route de Kango, à elle seule, devrait pousser ceux qui ont un peu d’amour-propre, à démissionner de leurs charges. Parce que c’est inacceptable que la seule route qui conduise tous les Gabonais à Libreville soit dans cet état…», avant d’évoquer ce qui va constituer la pointe d’émotion de cette adresse, le chômage endémique causé par cette mauvaise gestion qui ne permet pas aux filles et fils de ce pays, bien qu’instruits et méritants de trouver un emploi aussi minime soit-il.  «  Le fait qu’il y ait le chômage au Gabon, un pays d’à peine un million d’habitants, un pays si riche. Je vais enterrer ma nièce dans une semaine, décédée après un bac + 7, elle n’a jamais travaillé ! », pouvait-on lire. 

Devant ce constat d’échec et en tant qu’acteur social condamné à sortir de son silence,l’homme d’église s’est résolu à envoyer ces lettres de façon individuelles à son frère  « Ali BONGO ONDIMBA, chef de l’Etat, s’il vit, si tu vis, au premier ministre, à Mme la présidente de la Cour constitutionnelle, à M. le président de l’Assemblée nationale, à Mme la présidente du Sénat…» dans lesquelles ils dit les « aider à démissionner de vos charges. Par amour pour le Gabon que vous n’arrivez plus à diriger ». 

C’est au nom de ce qu’il a appelé « sclérose » cette situation dans laquelle on pense et croit bien faire alors que les résultats sont aux antipodes des aspirations et des attentes du peuple Gabonais qu’il invite Ali Bongo et son état major à rendre de façon  «  honorifique et élogieuse  le tablier à Dieu, pour qu’il trouve des personnes plus aptes à conduire ce peuple là, qui mérite d’avoir des dirigeants qui pensent à lui. Des dirigeants qui le conduisent comme de bons bergers vers des frais pâturages, d’autres Gabonais plus aptes à le faire pour le bien du Gabon et par amour et par respect pour Dieu » a t-il conclu. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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