Gabon: le Conseil de la Magistrature favorable à la légalisation des mariages coutumier et religieux

Décor mariage coutumier au Gabon © GMT

La session ordinaire du Conseil Supérieur de la Magistrature qui s’est tenue le 17 juillet dernier, au Palais de la Présidence de la République a été l’occasion d’examiner certains projets de réforme judiciaire. Ainsi, outre le renforcement de la protection des conjoints et enfants par la révision du Code civil, le conseil a mis un accent particulier sur la légalisation des mariages coutumier et religieux. 



Préalablement portée par le vénérable Sénateur Ernest Ndassikoula, la proposition de loi portant légalisation du mariage coutumier en République gabonaise continue d’être au centre des débats au sein des institutions. C’était le cas lors du Conseil de la magistrature dernier, où la question était à l’ordre du jour notamment avec l’idée d’une révision du Code civil qui ouvrirait de facto la voie à sa légalisation.

« Quant à la révision du Code Civil, elle portera aussi sur la légalisation du mariage coutumier et du mariage religieux dans l’esprit de la volonté de l’expression générale sur cette question existentielle », indique le communiqué final du Conseil supérieur de la magistrature. 

En effet, en dépit de l’interdiction du versement de la dot par la loi n° 20/63 de mai 1963, cette pratique et par ricochet la célébration du mariage coutumier demeure d’actualité, car considérés comme gages des valeurs traditionnelles et culturelles des peuples du Gabon. Absents du corpus juridique, ils devraient dans les mois à venir faire l’objet d’une légalisation.   

La reconnaissance légale de ces types de mariages permettra, non seulement de revaloriser ces cérémonies qui obéissent à des règles traditionnelles bien précises mais pour le cas du mariage coutumier d’encadrer la pratique de la dot. « Il s’agit, pour nous, de légaliser le mariage traditionnel ou coutumier et d’autoriser la pratique de la dot dans ce processus, tout en limitant les excès qui tendent vers le monnayage de la femme comme marchandise », expliquait le vénérable sénateur du département de la Bayi-Brikolo Ernest Ndassikoula. 

Outre l’aspect purement culturel et traditionnel, la légalisation de ces deux types de mariages devrait garantir plus de droits aux enfants issus de ce type d’union. Entre le mariage coutumier à valeur traditionnelle, le mariage religieux et enfin le mariage civil, les Gabonais auront désormais le choix.

Sabine Kassa

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