Gabon: le CND en proie aux difficultés financières

Séraphin Ndaot Rembogo © L'Union

Le Conseil national de la Démocratie a tenu une session extraordinaire le 28 février dernier. Prévus pour se tenir sur plusieurs jours, les travaux de cette session se sont déroulés en une journée pour des raisons financières, a précisé le président de cette institution, Séraphin Ndaot Rembogo, lit-on chez nos confrères L’Union.



Alors que les travaux de cette première assemblée plénière étaient attendus par la classe politique gabonaise et la société civile, la session extraordinaire du Conseil national de la Démocratie (CND) tenue ce 28 février a révélé une institution en proie à de nombreuses difficultés. En effet, depuis 2017, le CND n’a plus siégé et ses agents ne sont pas rémunérés. En cause, « le budget annuel initial d’un montant d’un milliard environ qui a été ramené à deux cents millions de francs CFA qui n’ont pas été mis entièrement à disposition de l’institution », rappelle le président Séraphin Ndaot Rembogo dans L’Union.

Pour le moment, le budget n’est exécuté qu’à 40 ou 50% et par tranches périodiques d’un montant inégal. Ce qui constitue une sérieuse préoccupation pour le président de l’institution qui dit son inquiétude quant à la survie de cette instance importante pour la démocratie. « Depuis trois ans, les agents de cet organe, pourtant nommés par décret pris en Conseil des ministres, n’ont jamais été rémunérés. Ils travaillent tous, depuis lors, bénévolement, malgré toutes les démarches entreprises auprès des décideurs, en vue de leur prise en compte salarial », renchérit-il.

Cependant, Séraphin Ndaot Rembogo s’interroge sur le deux poids-deux mesures que subit l’institution chargée d’encadrer le débat politique au Gabon. Pendant que le CND croule sous les difficultés, d’autres instances mènent un train de vie dispendieux. « La crise économique est indéniable certes, et la dette publique astreignante, chacun en convient, mais l’opinion publique observe quand même que, notre pays sous peuplé affiche un budget annuel de plusieurs milliers de milliards. Elle observe aussi que l’argent circule bien et que  certaines institutions sont mieux loties qu d’autres », a confié à L’Union le président du Parti pour le développement et la solidarité sociale (PDS).

Il faut dire que la revitalisation de cette institution avait été au coeur de l’appel de 53 partis politiques le 05 février dernier. Ces derniers sollicitaient l’action du Chef de l’Etat afin qu’il instruise le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que le CND revive. Un appel qui intervenait après le constat de deux années de crise au sein de cette institution qui connaît d’énormes difficultés de fonctionnement qui, semble-t-il, ne sont pas près d’être réglées. Séraphin Ndaot Rembogo invite, tout de même, ses collègues à tout faire pour sauver la maison de la démocratie.

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