mardi,18 janvier 2022
AccueilA La UneGabon: le chantage éhonté du Synamag pour une affaire de véhicule

Gabon: le chantage éhonté du Synamag pour une affaire de véhicule

Ecouter cet article

Présent devant la presse, le mercredi 5 janvier dernier, Germain Nguema Ella, président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a annoncé le dépôt d’un préavis de grève sur la table du gouvernement. Axé sur plusieurs revendications dont la plus urgente est la dotation en moyens roulants pour les fonctionnaires du ministère de la justice, le cahier de charges semble miser sur l’accessoire plutôt que sur l’impérieuse nécessité de redorer l’image de la Justice auprès des justiciables, qui n’y croient plus.

L’année 2022 a comme un air de déjà vu au ministère de la Justice dirigé par Erlyne Antonella Ndembet Damas. Et pour cause,  les trompettes de revendications qui semblaient s’être tues après les discussions dans le cadre de la commission paritaire ministère/Syndicat, ont déjà repris vie. Pour preuve, le Syndicat national des magistrats a organisé le mercredi 5 janvier 2022, une déclaration de presse locale et internationale pour dénoncer la marginalisation du pouvoir judiciaire dans notre pays.

Selon Germain Nguema Ella « les pouvoirs exécutif et législatif se sont taillés la part du lion de ce pays, reléguant le pouvoir judiciaire à la mendicité », a-t-il déploré. Une situation qui est inacceptable pour les fonctionnaires du ministère de la Justice qui se sont dits excédés d’être utilisés comme un instrument pour les gouvernants lors des joutes électorales. « Il faut attendre les périodes électorales pour que les plus hautes autorités de ce pays reconnaissent la prééminence du pouvoir judiciaire dans l’apaisement des tensions sociales », a fustigé le président des magistrats du Gabon.

À cet effet, les magistrats ont exigé d’être traités avec la noblesse qui émane de leur statut dans la société et le rôle de régulateur des relations humaines dans le traitement des affaires. Pour y parvenir, les fonctionnaires de la Justice réclament la dotation de moyens roulants. « Seul le ministre de la Justice n’a plus jamais obtenu de véhicules depuis 11 ans contrairement aux autres administrations qui bénéficient d’un renouvellement du parc automobile pratiquement chaque année, suivez mon regard », a martelé Germain Nguema Ella. 

C’est donc le point d’orgue de cette levée de boucliers qui pourrait être effective dans 15 jours soit d’ici au 20 janvier prochain, si le gouvernement ne satisfait pas cette exigence. Une requête aux allures comminatoires qui n’a pas épousé l’assentiment de certains magistrats qui s’étonnent qu’en période de crise sanitaire où la Justice Erlyne et torpillée et ridiculisée par l’action prompte du gouvernement, les magistrats n’aient pour préoccupation principale que la dotation en véhicules. Même son de cloche de la part des justiciables, qui voient dépérir le capital confiance envers la justice, telle qu’établi dans un récent rapport d’Afro Baromètre

Laissez votre commentaire

Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
Enami Shop