jeudi,26 novembre 2020
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Gabon: le cadrage macroéconomique peu réaliste du gouvernement

Réunis au cours de la semaine écoulée dans le cadre des travaux préparatoires à l’élaboration du budget 2021, les membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Economie et du Budget, ont présenté des perspectives économiques pour le moins optimistes. Porté par une croissance réelle du PIB à 4,1% en 2021 avec notamment des revenus tirés du secteur hors pétrole en hausse de 4,6%, c’est un plan de situation pour le moins enjolivé qu’a offert l’exécutif.

Malgré la situation alarmiste dans laquelle se trouvent les finances publiques gabonaises du fait notamment de dérives budgétaires à répétition, l’exécutif positiver. Et pour cause, les hypothèses macroéconomiques avancées lors des travaux relatifs à l’élaboration du budget 2021 laissent perplexes. Entre croissance à près de 4,1% soit 1,1 point de plus que le seuil communautaire, et revenus du secteur hors-pétrole en nette amélioration, le gouvernement semble plus optimiste que jamais. 

En effet, loin d’être effrayé par une situation qui devrait pourtant l’obliger à revoir en profondeur son modèle aussi bien de gestion que de gouvernance, l’exécutif gabonais mise plutôt sur les retombées positives de son secteur hors-pétrole (le secteur pétrolier étant fortement contrarié). Dans ce contexte, celui-ci devrait, selon lui, afficher une hausse de près 5% porté notamment par l’agriculture (+13,0%), l’exploitation forestière (+2,2%) et les mines (8,8%).

Dans le sillage de ces perspectives hautement optimistes compte tenu de la situation économico-sanitaire actuelle, l’exécutif penche donc pour des recettes hors-pétrole de 1192,3 milliards de FCFA en 2021, 1341,1 milliards de FCFA en 2022 et 1478,8 milliards de FCFA en 2023. Or, largement dépendantes de la demande extérieure, ces recettes hors-pétrole restent fortement soumises à l’appréciation des marchés, qui dans le contexte actuel demeurent frileux du fait du risque d’une deuxième vague de Covid-19.

Si le budget final semble pour sa part mieux conforme à la réalité avec des prévisions à 2666,9 milliards de FCFA en 2021 soit une baisse de près de 20% par rapport au budget initial 2020, les dépenses reflètent quant à elles, aussi bien l’absence de stratégie et de rigueur puisque malgré un contexte économique délicat, celles-ci restent figées à près de 2000 milliards de FCFA. Loin, très loin des principes de « discipline budgétaire » et de réduction du train de vie de l’Etat, que recommande une telle situation. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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