vendredi,30 octobre 2020
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Gabon: Lambert Noël Matha et l’insoluble équation de l’établissement des CNI

Depuis plus de 5 ans, les Gabonais sont en attente de la reprise du service de l’établissement de la Carte nationale d’identité qui semble avoir été relégué aux calendes grecques par le ministre de l’Intérieur Lambert Noël Matha. En effet, ce dernier, malgré une présence sans discontinu au sein de ce departement ministeriel n’a jamais réussi à résoudre cette situation préjudiciable à des milliers de compatriotes.  

Des milliers de Gabonais privés de carte d’identité ! 

C’est le constat fait depuis plusieurs années par de nombreux citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer pour l’obtention de ce précieux sésame. La dernière fois que le service l’établissement de la Carte nationale d’identité a délivré ce document c’était en 2015. Depuis, c’est l’incompréhension totale. 

A défaut de ce document qui permet d’accéder à de nombreux services notamment bancaires où même d’effectuer des déplacements, des milliers de Gabonais sont obligés de se contenter d’un recepissé qui ne constitue en réalité qu’une sorte de reçu. Seul bémol, la validité dudit recipissé dépasse rarement un an, et arrivé à la date d’expiration aucune carte n’est disponible. « Mon récépissé, je l’ai depuis 6 ans et je fais juste des copies pour ne pas perdre la seule pièce d’identité que j’ai », nous a confié un Librevillois. 

Autre complication rencontrée par les populations, lesdits récépissés ne sont pas acceptés partout notamment dans les établissements bancaires. « Ce matin je n’ai pas pu recevoir un versement de ma banque parce que j’ai présenté le récépissé. Ils m’ont demandé soit l’original de ma pièce d’identité soit mon passeport », explique un usager d’une banque de la place. 

L’incapacité du ministre de l’Intérieur pointée du doigt 

Pour de nombreux observateurs, cet état de fait est imputable au ministre d’Etat, ministre en charge de l’Intérieur Lambert Noël Matha qui peine à résoudre cette problématique, malgré les plaintes des populations. Il faut souligner que ce dernier a occupé pendant 15 ans le poste de secrétaire général du ministère de l’Intérieur puis celui de ministre depuis 2016. Avec autant d’années passées au sein de ce departement ministeriel ce dernier aurait dû résoudre cette problématique depuis fort longtemps. 

Toutefois, lors de son audition par les membres du Conseil economique social et environnemental (CESE), le membre du gouvernement avait décliné le noeud du problème de la suspension de l’établissement de ce document.  « Nous avons suspendu l’établissement des macarons pour la carte nationale d’identité non seulement à cause d’un certain nombre d’éléments qui en réalité ne cadraient pas avec le produit que nous voulions, mais aussi à cause d’une ardoise vis-à-vis de ce prestataire », a déclaré Lambert Noël Matha

Pis, lors d’une conférence de presse qu’il avait animée le mercredi 13 juin 2018, il avait évoqué l’idée que l’établissement de ce document devrait revenir à la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI).  « La DGDI a une parfaite maîtrise de l’outil informatique, ce qui lui permettra de délivrer aisément une CNI à chaque demandeur », avait-il indiqué. Une solution certes envisageable mais qui commence à susciter des interrogations au sein de l’opinion qui voit d’un mauvais oeil le transfert de cette mission à cette direction. 

Vers une commercialisation de la CNI ? 

En effet, la dernière trouvaille de Lambert Noël Matha, si elle peut être louable, devrait poser un certain nombre d’interrogations non seulement sur le coût de ce transfert de compétence mais aussi ses conséquences. Plusieurs citoyens interrogés sur la question ont émis des inquiétudes notamment sur la probabilité que l’établissement de la CNI devient payant. D’ailleurs lors de sa sortie mercredi 13 juin 2018 Lambert Noël Matha n’avait pas écarté cette éventualité. 

Ce document indispensable et preuve de citoyenneté serait donc en passe d’être commercialisé, toute chose qui rendrait dès lors son acquisition difficile  surtout lorsqu’on connaît le niveau de vie moyen des populations. Ainsi, il est nécessaire d’interpeller les pouvoirs publics sur cette situation de plus en plus préjudiciable pour beaucoup de Gabonais.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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