Gabon: l’Agence française de développement accusée de maintenir Ali Bongo au pouvoir

Le régime d’Ali Bongo Ondimba ne connaît pas de répit ces dernières semaines. Et pour cause, la députée française, Bérengère Poletti, a interpellé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et le patron de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux sur des soupçons du financement du maintien au pouvoir du régime gabonais par l’AFD. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire Jeune Afrique dans son n°3052. Deux procédures judiciaires seraient engagées en France contre l’agence.

Dans le feu de la polémique autour de sa « mort » supposée et la demande de la déclaration de la vacance du pouvoir par la société civile et des leaders politiques de l’opposition, Jeune Afrique rapporte que l’Agence française de développement financerait le maintien au pouvoir du président de la République gabonaise. C’est la députée Bérengère Poletti, du parti Les Républicains qui aurait adressé un courrier le 19 juin dernier à Jean-Yves Le Drian et à Rémy Rioux afin qu’ils s’expliquent sur cette affaire. La députée Les Républicains attend de Le Drian qu’il fasse « toute la lumière sur ces soupçons » persistants.

Selon l’hebdomadaire, l’élue Les Républicains auraient précisé dans sa correspondance que « deux procédures judiciaires ont été engagées en France contre l’AFD, qui a consenti des prêts à l’Etat gabonais –  lesquels, selon leurs détracteurs, auraient pour but de ‘‘maintenir Ali Bongo Ondimba’’ au pouvoir ». Une action qui aurait été déclenchée après la sensibilisation sur la situation du Gabon par Alain Ogoulinguendé, secrétaire général de Nemesis, un groupement d’organisations de la société civile locale en France.

Pour rappel,  le 26 décembre 2018, la société civile gabonaise avait déposé une requête complémentaire devant le tribunal administratif de Paris à l’encontre de l’Agence française de développement. Cette plainte visait à « faire annuler la garantie que l’Etat français a accordée à un prêt de 75 millions d’euros attribué au Gabon le 11 juin 2018 », rapporte Jeune Afrique. Il faut souligner que ce prêt avait été conclu sur la base d’un montant global de 255 millions d’euros (17,5 milliards de FCFA, afin « d’appuyer le Plan de relance de l’économie (PRE) ».

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