Gabon : l’action du Gouvernement contre la corruption jugée «inefficace» par la population

Gabon Gabonmediatime Corruption Gabon Pot De Vin
La corruption toujours endémique au Gabon © D.R

Principal frein au développement de nombreux pays africains, la corruption est plus que jamais au cœur des débats dans une Afrique en mutation. Ainsi, dans leur baromètre mondial de la corruption 2019, Transparency International et Afrobarometer ont établi un rapport sur la perception et les expériences de la corruption par les citoyens africains. Dans ce contexte les citoyens gabonais sondés dans le cadre de cette enquête, jugent l’action du Gouvernement contre la corruption tout simplement « inefficace ». 


La corruption entrave le développement économique, politique et social de l’Afrique. Elle représente un obstacle majeur à la croissance économique, à la bonne gouvernance et aux libertés fondamentales, comme la liberté d’expression ou le droit des citoyens à demander des comptes à leur gouvernement. Pis, elle est un facteur déterminant pour la croissance des accidents sur la route, dont les chiffres fournis par la Direction générale de la Sécurité routière (DGSR) font froid dans le dos. 

En effet, bien que le premier ministre Julien Nkoghe Bekale vienne de lancer une campagne nationale de sensibilisation contre la corruption, ce fléau n’a jamais été aussi présent dans les esprits. Ainsi, le constat est effarant. Dans dans leur baromètre mondial de la corruption 2019, Transparency International et Afrobarometer révèlent que 90% des Gabonais jugent l’action du Gouvernement « inefficace ». En d’autres termes, seul 1 Gabonais sur 10 pense que le gouvernement lutte efficacement contre la corruption. 

Favorisé par des acteurs étrangers au pays qui n’hésitent pas à user de divers stratagèmes pour l’entretenir, la corruption semble ancrée dans l’inconscient collectif. Incapable de la contenir, le Gouvernement semble aujourd’hui en profiter au grand dam des populations. Résultat, si 55% de la population africaine pense que la corruption ne cesse de s’aggraver, 9 Gabonais sur 10 ont ce sentiment. 

Mieux encore, toujours selon le rapport, plus d’un Gabonais sur quatre a dû payer un pot de vin  pour accéder à un service public. Dans ce contexte, les plus démunis sont les plus lésés , puisque ces derniers sont deux fois plus susceptibles de devoir verser des pots de vin que les plus riches. A qui profite le crime? Le gouvernement at-il intérêt à ce que ce phénomène perdure? Telles sont les questions qu’on pourrait se poser au regard de la situation qui devient plus qu’alarmante. 

Laissez votre commentaire