L'analyste économique Mays Mouissi

Invité à répondre aux questions d’Agnès Faivre du magazine d’actualité français Le Point, l’analyste et spécialiste du contrôle des risques et de sécurité financière Mays Mouissi, a livré son éclairage sur la situation économique du « pays qu’il connaît le moins mal ». Évoquant à la fois l’endettement et la récession à venir, l’analyste a proposé « aux décideurs », une stratégie de relance économique en trois piliers.

Alors que le monde traverse une crise sans précédent dans sa jeune histoire qui devrait être particulièrement difficile à digérer dans les mois voire les années à venir, de nombreuses questions se posent quant à la capacité du pays à supporter ce choc. Et pour cause, avec des recettes budgétaires qui devraient accuser une perte colossale de 700 milliards de FCFA, le gouvernement dispose de peu de marge de manoeuvre surtout au regard de son fastueux train de vie.

Dans ce contexte, seule une stratégie de relance économique transversale, pourrait aider le pays à se maintenir hors de l’eau. Cela tombe bien puisque le spécialiste du contrôle des risques et de sécurité financière Mays Mouissi, vient d’en proposer une. Basée sur « trois piliers à savoir l’appui au secteur privé formel et informel, le renforcement de la protection sociale et l’investissement public », cette « stratégie de relance » devrait notamment favoriser un appui conséquent au secteur privé notamment pétrolier et minier, en première ligne dans cette crise. 

En conséquence, « l’Etat gabonais doit aider spécifiquement les sous-traitants des grands groupes de ces secteurs » afin de favoriser le pilier numéro 2 à savoir : « le renforcement de la protection sociale » étant donné que des milliers d’emplois y sont menacés. Drastique, cette stratégie de relance contrairement à celle de 407 milliards de FCFA adoptée par le gouvernement et difficilement soutenable, mise également sur une véritable cure d’austérité avec une « réduction significative du budget de certaines institutions privilégiées à commencer par la Présidence de la République ». 

Rappelant que malgré la récession annoncée et la perte de 700 milliards de FCFA de recettes, l’Etat devra continuer à honorer ses onéreux engagements, notamment les charges de fonctionnement avec en première ligne « les salaires des fonctionnaires et les prestations sociales » pour les 100000 fonctionnaires gabonais, Mays Mouissi suggère donc aux « décideurs de faire des économies dans les dépenses de fonctionnement de l’Etat » et surtout « sacraliser les dépenses d’investissement nécessaires à la relance économique ». 

Sachant que « le seuil à partir duquel les populations commencent à ressentir les bénéfices de la croissance économique se situe autour de 7 % » et que tous les indicateurs sont au rouge dans le contexte actuel, l’exécutif devra donc prendre la pleine mesure de la situation, et miser sur une véritable stratégie socio-économique pour éviter « des répercussions sociales liées à cette récession qui pourraient être désastreuses ».

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