jeudi,29 octobre 2020
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Gabon : la sortie de Martin Mabala a-t-elle définitivement condamné Nkoghe Bekale ?

Martin Mabala avait-il conscience de la teneur et de la portée de son communiqué? C’est là une question qui mérite pertinemment d’être posée car en analysant froidement cette déclaration, une réalité émerge. Cette sortie du président du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais auréolée à la base, d’une volonté d’apporter le soutien a priori, de tous les députés PDG à Julien Nkoghe Bekale, annoncé sur le départ, pourrait finalement desservir au regard des effets sur  la scène politique locale et des atermoiements au sein même du parti de « masse ». 

En réalité, si l’on cherchait un moyen de couler définitivement Julien Nkoghe Bekale pourtant déja fortement fragilisé, on ne s’y serait pas pris autrement. Du moins Martin Mabala ne s’y serait pas pris autrement. Cette sortie inopinée mais surtout inattendue du président du groupe parlementaire du PDG de l’Assemblée nationale  si formellement établie comme un soutien à l’homme fort de Ntoum, se révèle être in fine, un couteau à double tranchant, car dans le fond, l’on se rend compte, avec du  recul qu’elle le désavantage et de la pire des manières. 

La sortie de Martin Mabala donne d’abord l’impression que ce dernier et Julien Nkoghe Bekale ont scellé ensemble, l’initiative du premier cité par le biais d’un compromis ou d’un arrangement dont il ignore encore, la teneur et la substance. En s’attaquant au Chef de l’Etat par cette « déclaration qui fait des injonctions et défiances à l’exécutif et par ricochet au Président de la République, Chef de l’Etat, de maintenir absolument aux fonctions de Premier Ministre, Monsieur Julien Nkoghe Bekale » aux dires de Gérard Ella Nguema président du groupement des partis politiques de la 3e voie, Martin Mabala dont la sortie, logiquement n’aurait pu être effective sans le consentement du chef du gouvernement pour qui il s’expose, laisse croire en un conflit sous jacent entre les deux acteurs de l’exécutif, le numéro un et son numéro 2. 

Une association qui s’apparente à « une conspiration de déstabilisation de la première autorité hautement pensée » selon le même Gérard Ella Nguema. Mais qu’a à gagner Martin Mabala en prenant un tel risque pour lui même et pour son statut? Sachant très bien  qu’en se livrant à ce jeu, il joue lui-même sa peau, car au nom de la séparation des pouvoirs, l’Exécutif est au-dessus du législatif. Personne ne peut donc comprendre qu’un député se lève tout bonnement et de sa seule volonté, obtienne le consentement des tous les autres députés, êtres de raison,  et donne par ricochet des injonctions au chef de l’État, allant jusqu’à le sommer indirectement de ne pas virer le Premier ministre. Qu’est ce qui peut bien justifier un tel courage? 

Il est évident que pour dénier à la plus grande autorité du pays un tel droit, avec des mots finement choisis émanant d’une organisation tout aussi puissante, au point de faire poindre l’idée d’une dissension au sein de l’exécutif, Martin Mabala n’aurait pu se faire flétrir qu’avec une grosse proposition. Et quoi de mieux que l’Assemblée nationale et ses députés prétendument consentants du parti au pouvoir pour rehausser et crédibiliser la nature d’une telle démarche? « Au fait, qu’est-ce que tout cela veut dire ? que nous cache-t-on ? Qu’est-ce que l’on n’a pas le courage de révéler, si secret il y a, le peuple attend des réponses précises à ce questionnement, au regard de la chosification de la république », s’est encore interrogé Gérard Ella Nguema. 

Sous un autre angle et au regard des risques qu’une telle entreprise comporte, l’idée que Martin Mabala ait agi seul sous la coupole du groupe parlementaire du PDG de l’Assemblée nationale non pas pour soutenir Julien Nkoghe Bekale mais pour le nuire à contrario, peut tout aussi bien être soulevée. Surtout que tous les députés ne se reconnaissent pas dans ladite initiative. « Pensez-vous que le cas Julien Nkoghe Bekale soit l’urgence du moment ?  Si nous devons nous prononcer sur la marche de notre pays en ce moment pour la redresser, le PDG mettraient en avant d’autres urgences et priorités » s’exprime un député de la majorité dans les colonnes de l’hebdomadaire Echos du Nord dans sa parution du lundi 17 février 2020. 

« Pourquoi donc Mabala a t-il fait ça ? A-t-il des comptes à régler à Julien ou a-t-il été tout simplement instrumentalisé ? Ce qui est plausible pour qui connaît le vicomte de Saint-Martin-des Apindji. L’homme ne fait rien pour rien. Car pour vouloir couler Julien, on ne s’y prendrait pas autrement » s’interroge à son tour l’hebdomadaire Le Mbandja dans sa parution du vendredi 21 février 2020 n°542. Des interrogations, des doutes et des hypothèses qui dans les deux cas, et c’est peu de le dire, envoient à la guillotine Julien Nkoghe Bekale. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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