Gabon : la Sogada et le défi de l’autosuffisance alimentaire

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Hervé Patrick Opiangah, promoteur du projet, en visite dans la bananeraie de la Sogada © GMT

La quête de l’autosuffisance alimentaire a certainement été l’élément moteur qui a conduit le président de la République, chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba à penser puis à initier l’ambitieux Projet Graine. Si ledit projet a visiblement pris du plomb dans l’aile, un autre plus modeste néanmoins, mais aux ambitions tout aussi grandes et nobles, est en passe d’émerger et poursuivre les objectifs nés de la vision à l’origine du Projet Graine. Cette initiative, c’est celle de la Société gabonaise de développement agricole (Sogada), dont le promoteur Hervé Patrick Opiangah ne cache pas sa volonté de tendre à terme, vers l’autosuffisance alimentaire. 


Son espace cultivable et exploitable de 108 hectares illustre promptement l’ambition et la vision du promoteur qui à travers la Sogada veut battre du revers de la main, le procès en fainéantise intenté à tort ou à raison aux Gabonais et leur aversion pour les métiers de la terre. Dans ces 108 hectares, seuls 20 hectares ont été utilisés pour matérialiser le premier jet du « projet de vie » de l’homme d’affaires Hervé Patrick Opiangah. 

Un projet articulé essentiellement autour de deux activités. L’élevage et les produits du maraîchage dont la production à l’heure actuelle bien que déjà conséquente, n’est pas en mesure de satisfaire la demande particulièrement importante. La Sogada ne veut pas brûler les étapes. C’est pourquoi avec parcimonie, elle suit méticuleusement les étapes de production. 

« Nous avons donc décidé de passer à la production à petite dose, par segment et de faire en sorte que dès qu’on a maîtrisé le premier segment on peut espérer passer au deuxième. Aujourd’hui on peut affirmer que nous avons la maîtrise de ce que nous  produisons. C’est ce constat qui nous amène d’ailleurs à dire qu’il faille passer au deuxième segment, c’estàdire le renforcement des capacités » explique son promoteur Hervé Patrick Opiangah. 

Bien que volontaire et décidé, le gérant de la Sogada n’a pas manqué de souligner l’apport de l’Etat et des organismes financiers dont il reconnaît certes les efforts pour le premier tout en décriant l’inaction pour les seconds. 

« Sur cet aspect, je pense justement que les autorités devraient faire quelque chose dans ce sens pour accompagner les jeunes promoteurs qui ont des dossiers bancables parce que dans la cadre de la Sogada, nous avons essentiellement investi sur fonds propres», mentionnait l’actuel député de Mounana avant de souligner, reconnaissant, l’aide de l’Etat. « Nous précisions tout de même que nous bénéficions d’une exonération fiscale sur certains produits et équipements que nous importons. C’est là une façon d’encourager même si  nous pensons que l’État peut mieux faire parce que sous d’autres cieux, ces métiers sont subventionnés » reconnaissait-il. 

L’autosuffisance alimentaire ne peut être effective qu’en injectant des moyens importants qu’un investissement sur fonds  propres seul ne saurait satisfaire. Cet objectif,  la Sogada le porte en elle. Elle ne demande qu’un accompagnement. « Notre ambition est d’inonder le marché africain et même international pour ainsi aider notre pays à réduire graduellement les importations qui s’élèvent à ce jour à plus de 350 milliards de FCFA chaque année pour des produits alimentaires ». 

Au milieu de son immense bananeraie d’un peu plus de 38.000 pieds, Hervé Patrick Opiangah a défini avec exactitude sa vision et son projet pour le Gabon dans le domaine du développement agricole. « La Sogada est une passion et une volonté profonde visant à accompagner mon pays, graduellement à chercher les vertus de l’autosuffisance alimentaire par le truchement d’une entreprise 100% gabonaise, gérée par des Gabonais avec des employés gabonais et pour une production in fine, typiquement gabonaise » at- il martelé.

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