Gabon: la société civile vent debout contre la cession à la CDC des titres fonciers de l’Etat

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Affiche de la campagne citoyenne Touche pas à ma Terre © D.R

A la suite du transfert  à la CDC, à titre gracieux, de l’ensemble des titres fonciers appartenant à l’Etat, à l’exception de ceux affectés à l’usage des services publics de l’Etat, des collectivités locales et des Forces de Défense et de Sécurité par le conseil des ministres du mercredi 2 octobre dernier, la société civile a entamé ce lundi 7 octobre une campagne intitulée « Touche pas à ma terre ! » pour contester cette mesure gouvernementale qu’elle qualifie de « vaste plan de spoliation foncière »

Plusieurs membres de la société civile en tête desquels Marc Ona Essangui, Laurence Ndong, Jean Valentin Leyama, Tita Nzebi arborent depuis ce lundi 7 octobre 2019 en profil de leurs différents réseaux sociaux une carte du Gabon rouge à l’intérieur de laquelle on y voit une main blanche, synonyme de contestation pacifique suivie de la mention « Touche pas à ma terre ». 

Cette campagne citoyenne qui dans sa première phase est virtuelle vise selon les initiateurs, à « empêcher que demain, à mon réveil, je sois expulsé de ma terre ancestrale de Bambangui vendue, comme en Amazonie Brésilienne, à des multinationales américaines, européennes ou asiatiques », précisent-ils en pointant du doigt le « décret qui cède les titres fonciers de l’État à la CDC (Caisse de dépots et consignations, NDLR) en vue de lever des fonds sur les marchés financiers ».

Selon certains observateurs, le décret proposé par le ministre de l’Economie, des Finances et des Solidarités nationales Roger Owono Mba et adopté par le Conseil des ministres ne vise que  « le  transfert de la propriété foncière de l’Etat, donc d’un bien public de l’Etat à un autre organe étatique, les terrains en question sont ceux sur lesquels l’Etat détient effectivement un titre foncier. Et non l’ensemble des terres du pays ».  

Du côté de la CDC une source proche de la direction générale confie qu’il ne s’agit nullement de « brader les terres », que « les commentaires sur la toile sont erronés. Il s’agit d’intégrer des actifs pour augmenter la taille du bilan et ainsi avoir une capacité d’emprunt plus élevée. Par ailleurs, l’Etat cède à une entité 100% étatique des titres fonciers hors bien d’utilité publique. Pas les forêts, concessions forestières et les actifs  non intégrés dans le patrimoine privé de l’Etat. Ce mécanisme s’est même fait en France. Là-bas la CDC détient les forêts », explique-t-elle.

Par ailleurs,  pour les citoyens à l’initiative de cette campagne et déterminés à faire tomber la décision du gouvernement, la cession des titres fonciers de l’Etat à cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) dont les statuts avaient été approuvés en Conseil des ministre en 2011 et scellés à travers le décret n°657/PR/MECIT le 21 avril 2011 « cache en réalité un vaste plan de spoliation foncière » et ils appellent ainsi d’autres compatriotes à les rejoindre dans leur mouvement de contestation  « Touche pas à ma terre ! »

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