Gabon: la réponse chirurgicale des médecins à Julien Nkoghe Bekale

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Centre Hospitalier Universitaire de Libreville © D.R.

Après avoir essuyé les remontrances et autres réprimandes flirtant parfois avec l’injure, le Syndicat des médecins fonctionnaires du Gabon (Symefoga), a, à la faveur d’un communiqué de presse, apporté une réponse cinglante et tout aussi incisive, en réponse au procès en incompétence qui a été intenté à son égard par le Premier ministre Chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekale sur les carence de la Task Force.   


La Task Force du nom du programme dont le but était de faire le point sur le système de santé ainsi que l’état de l’ensemble des structures sanitaires du pays, lesquelles malgré les efforts multiformes consentis par l’Etat ne parviennent toujours pas à répondre aux exigences actuelles à cause dit-on de « la mauvaise gestion, la mauvaise gouvernance, qui nous empêche d’avancer ». 

En réponse à la sortie et aux mots de Julien Nkoghe Bekale, perçus par ces professionnels de la santé comme un « tas d’injures et d’irrespect quotidiennement déchargés sur les médecins », le Symefoga n’y est pas allé de main morte rappelant tout d’abord au premier des ministres, la nécessité, eu égard à son rang, de s’exprimer avec déférence surtout pour un sujet aussi important que la santé de ses compatriotes. « la résolution des manquements abyssaux qui minent notre secteur requiert de sa part beaucoup de hauteur et de sérénité car la santé des Gabonais ne saurait s’accommoder de ces hors sujets récurrents sur des épreuves qui s’apparentent plus à la philosophie ou à la sociologie politique qu’à la cure d’une banale crise de paludisme » s’est insurgé le syndicat.  

Abondant dans le même sens, les médecins du Gabon par la voix de leur syndicat, ont mis le Premier ministre, Chef du Gouvernement devant les incohérences de sa propre démarche. Pour eux, il est inconcevable que Julien Nkoghe Bekale, jette l’anathème à un projet, dont il est luimême, membre, caution et dont il a participé à la réflexion. « Comment comprendre que le rendu d’une réflexion initiée par la Présidence de la République, coordonnée par le Premier Ministre et à laquelle les partenaires sociaux (représentants des personnels de la santé) n’ont pas participé, puisse se transformer en un auto désaveux et à la dérision des médecins » ont-il ajouté. 

Particulièrement offensif, le Symefoga a ensuite mis le Premier ministre devant son irresponsabilité et par ricochet, celui de son gouvernement. Lesquels plus prompts  à critiquer et à condamner, oublient qu’en amont, incapables par essence, et coutumiers du fait, ils n’ont jamais rempli leurs obligations nécessaires au bon fonctionnement du secteur santé au Gabon au regard des dettes abyssales qu’ils trainent. « Ils attendent de vous le règlement de la dette de la CNAMGS (17 milliards de francs CFA). le conventionnement de la maintenance dans les hôpitaux (le groupe VAMED s’étant retiré depuis trois ans pour défaut de paiement : 10 milliards de dette), la réouverture des écoles de formation des infirmiers assistants (Mouila, Franceville. Makokou), la nomination des responsables dans plusieurs structures sanitaires dirigées par des intérimaires depuis plusieurs années (Mélen. Koulamoutou. Makokou …)… pour nous permettre de régler les problèmes que nous posent les malades au quotidien. » a t-il rappelé. 

Revenant sur le prétendu souci d’absentéisme soulevé par le Julien Nkoghe Bekale, les médecins via leur communiqué de presse, chiffres  à l’appui ont relevé l’incongruité et la mauvaise foi d’un tel procès. En 2018 au CHU de Libreville, les médecins ont  réalisé entre autres « 116200 consultations, 34 649 hospitalisations, 10 000 accouchements, 3786 actes chirurgicaux »  et ce en dépit des soucis logistiques majeurs tels que « les pannes incessantes au bloc opératoire, en radiologie, l’absence d’accompagnement pour la recherche etc ». Et pour pallier à ces insuffisances logistiques, le Symefoga a exhorté le gouvernement à respecter comme le recommande L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), que soit consacré pour la santé 15% du budget national.  

Le Symefoga pour conclure son plaidoyer a tenu à défendre le montant des 192 milliards, pour lequel les médecins ont entre autres été jetés à la vindicte populaire. Les « 192 milliards dédiés à la protection sociale par an ne nous semblent aucunement excessifs au regard des réelles charges à couvrir et des sommes indûment prélevées aux différents contribuables (fonctionnaires, privés. CSA…) ». a t-il conclu tout en réitérant sa volonté à défendre l’hôpital public et les malades pour lesquels les membres ont prêté serment. 

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