Gabon: la question des droits de l’Homme au coeur d’une conférence à Paris

Fabien Méré, avocat et défenseur des droits de l’homme © D.R

En prélude à l’adoption, ce jeudi 15 mars 2018 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU (CDH) de Genève du document final de l’examen périodique universel (EPU) du Gabon sur la situation des droits de l’Homme, la diaspora gabonaise à organisé à Paris le 6 mars dernier un conférence de presse. Il était question lors de cette rencontre de faire le point sur divers cas de violations des droits humains intervenus pendant au Gabon.

Cette conférence s’est déroulée en présence de la coordinatrice Tchad, Centrafrique et Gabon de l’ONG Amnesty International France, Delphine Lecoutre, du  coordonnateur de la campagne internationale Tournons la Page, Laurent Duarte, de l’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Fabien Méré et du frère de Bertrand Zibi Abeghe, ancien député et en détention arbitraire depuis le 1er septembre 2016, Eric Ovono Abeghe. Au menu les violations des droits de l’Homme observées après la proclamation des résultats de la présidentielle du 27 août 2016.

Ainsi, pour Fabien Méré, qui était un témoin et rescapé de l’attaque du QG de campagne de Jean Ping le 31 août 2016, par les forces de défense, la crainte est de voir que le rapport sur les droits de l’Homme au Gabon qui sera adopté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU «soit particulièrement édulcoré et trop éloigné de la vérité crue vécue par les Gabonais». Au cours de cet échange avec la presse, il a dressé un tableau sombre de la situation dans le pays, caractérisé par des cas de disparitions forcées, des détenus arbitrairement, la restriction de la liberté d’aller et venir sur le territoire national et des morts.

Sur ce dernier aspect, il a fait remarquer l’absence de chiffres officiels jusqu’à présent. «Les populations ont très clairement recensé et identifié des dizaines de victimes mais aucun représentant , aucune institution de la République gabonaise n’a jamais manifesté la moindre intention d’ouvrir la moindre enquête ou instruction judiciaire à ce sujet. En conséquence de quoi il n’y a aucun chiffre officiel relatif au nombre de morts : officiellement, ils n’existent tout simplement pas. Cette question est soulevée dans la demande d’enquête formulée dans la résolution du Parlement européen», a-t-il indiqué.

Intervenant lors de cette rencontre, Eric Ovono Abeghe a indiqué que le cas de Bertrand Zibi est emblématique de la situation chaotique et alarmant des droits de l’Homme au Gabon. Il est, depuis bientôt 2 ans, détenu «arbitrairement» sans jugement et sa famille est empêchée de lui rendre visite. «Malgrés tous ces sévices, Bertrand Zibi a tenu bon sur ses revendications, notamment le droit du peuple gabonais à choisir sa destinée», a-t-il révélé.

Par ailleurs, il faut noter que ce combat a reçu le soutien des organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Amnesty international et la plateforme Tournons la Page, dont les représentants ont souligné la nécessité d’agir pour défendre les libertés fondamentales.  

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