Gabon: la prostitution, un secteur à forte croissance

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Dans un contexte de crise économique, l’industrie du sexe est le seul secteur de l’économie informelle qui n’est pas prêt de déposer le bilan. Le plus vieux métier du monde semble avoir encore de beaux jours devant lui au Gabon. Le vent en poupe, ces acteurs, de jour comme de nuit, de manière officielle ou officieuse, à des prix compétitifs, écument les rues de capitale à la recherche de rentabilité ou d’un statut social.

Une enquête de nos confrères du journal La Loupe, datée des 12 et 13 mai dernier, nous plonge dans l’univers de la prostitution, érigée au rang d’une quelconque activité génératrice de revenus, qui à tout égard, malgré les bourrasques économiques, se porte comme un charme.

Libreville est sans doute la capitale de la prostitution, l’île de la tentation. Femmes comme hommes s’y adonnent à cœur joie. La nuit arrivée, les péripatéticiennes courent les rues au bonheur des amoureux de relations libres, rapides, et sans encombrements.

L’enquête effectuée sur plusieurs zones, Chambre de commerce, le Bord de mer et des quartiers sous intégrés révèle l’existence d’un fléau national qui prend des proportions diverses, au point où les personnes qui y prennent part, ont l’impression que celui-ci fait partie intégrante de leur vie.

Ainsi, à deux pas de l’ambassade de France, à la chambre de commerce, une meute de filles de joie y a élu domicile, «hommes d’affaires, vieux, jeunes, loubards, drogués, chacun trouve pour son budget. Avec 3000 ou 5000 Fcfa, on est servi», relève ladite enquête, qui n’exempte pas les quartiers populaires de la ville.

Au bord de mer, zone Lycée national Léon Mba, Lycée d’État, la prostitution aurait atteint sa vitesse de croisière. Une colonie s’y est établie. Des hommes et de femmes de tout âge marchandent leurs corps sans état d’âme. La clientèle est d’une classe sociale plutôt aisée, s’arroge à prix d’or les services de ces catins vip.

Pauvreté ou simple vocation, les conséquences de cette dérive morale sont perceptibles dans la structure familiale tout comme en milieu professionnel. «Du coup il n’est pas étonnant de constater que les bureaux sont devenus des chambres dans lesquelles l’activité sexuelle y est pratiquée à outrance», indiquent nos confrères.
Il faut de tout pour faire un monde, dit-on. Le vieux métier du monde illustre bien cette assertion. Si dans une approche fonctionnaliste on comprend bien que la société est un tout complexe, le souci des bonnes mœurs quant à lui ne préoccupe pas grand monde.

Véritable phénomène national, la prostitution n’épargne personne, femmes mariées, hommes, élèves, employés, tout le monde y passe. L’activité sexuelle rémunérée y est pratiquée à ciel ouvert. Une situation qui au-delà des apparences crée un climat de suspicion permanent dans les foyers, les couples, du fait très souvent de la légèreté des mœurs.

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