Gabon: la Présidence doit payer près de 590 millions pour sauver Télésud

Gabon Gabonmediatime Logo De La Chaine Télésud
Logo de la chaîne de télévision Télésud © D.R.

L’affaire sur la dette accumulée par l’Etat gabonais auprès de la société Wiam , producteur de la chaîne de télévision Télésud continue d’être au centre de l’actualité sur le plan national et même international. Alors qu’une audience doit se tenir le mercredi 16 octobre prochain au tribunal de commerce de Paris, pour prononcer la liquidation judiciaire de cette chaîne, la survie de ce média reste conditionnée par le règlement de la facture du Gabon. 

Ce mercredi 16 octobre 2019, se jouera l’avenir de la chaîne de télévision Télésud, qui depuis bientôt un an rencontre des difficultés financières du fait du nonpaiement de plusieurs factures émises par la société Wiam, productrice de ladite chaîne, à l’ordre de l’Etat gabonais. Une situation pour le moins incompréhensible qui a une incidence sur le fonctionnement du média qui risque d’être mis en procédure de liquidation judiciaire. 


Signé le 13 septembre 2011, entre la société Wiam 3A Télésud et le directeur de cabinet du président de la République de l’époque, au nom du Gabon, cette convention avait pour objectif « de faire connaître, l’image du Gabon émergent dans ses composantes de Gabon vert, Gabon industriel et Gabon des services ».  Ledit contrat prévoyait que la République du Gabon s’engageait à verser mensuellement à WIAM la somme de 375 000 € Hors taxe, soit plus de 240 millions de FCFA. 

Sauf que faute de règlement de l’Etat gabonais, la chaîne est en proie depuis un an à des difficultés qui obèrent son fonctionnement. Aujourd’hui en état de cessation de paiements, le versement d’une partie des arriérés par l’État gabonais, soit 900 000 euros, donc environ 590 millions de FCFA, devrait constituer une bouffée d’oxygène pour l’entreprise et suspendre la procédure engagée auprès du tribunal de commerce de Paris, qui devrait aboutir, si elle est maintenue, à la condamnation du Gabon à payer un peu plus de 3 millions d’euros, soit près de 2 milliards de FCFA. 

Chose curieuse, alors que le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba était nommément assigné dans le cadre de cette procédure, ni  son directeur de cabinet actuel, ni le gouvernement encore moins un avocat n’ont daigné y déférer pour éviter le spectacle pour le moins désolant que cette affaire inflige à l’honorabilité du Gabon.  

Pis, le nonrèglement de cette facture entacherait au plus haut point l’image et le crédit de la nation gabonaise auprès des potentiels investisseurs et ferait perdre à l’entreprise de précieux contrats alors qu’elle est diffusée par tous les câble-opérateurs français notamment Orange, Bouygues, SFR, ainsi que par Canal+ dans toute l’Afrique francophone. Affaire à suivre.

Laissez votre commentaire