Gabon : la Présidence de la République et ses multiples cabinets à l’efficacité imperceptible

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La Présidence de la République à Libreville © D.R.

Ils se multiplient et s’enchevêtrent, parfois impertinemment doublés et souvent érigés pour des raisons tout simplement farfelues nées d’une volonté de s’en orgueillir et de flatter son égo d’en disposer d’un. Eux, ce sont les cabinets à la Présidence de la République, créés pour le plaisir de le faire ou mieux pour satisfaire les velléités pouvoiristes d’un proche. 


Le président de la République, le Directeur de cabinet, le Coordinateur général des affaires présidentielles et par ouïe dire, la Première dame, disposent tous d’un cabinet composé de plusieurs hauts fonctionnaires aux compétences similaires et intervenants pour certains, dans les mêmes dossiers. Pour s’en rendre compte, il suffit de cerner les prérogatives de Noureddin Bongo Valentin pour comprendre que de part sa fonction, il n’eût été besoin qu’il s’entoure d’un cabinet personnel.

 « Le Coordinateur Général des Affaires Présidentielles assiste le Président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’Etat et veille à la stricte application de ses décisions » pouvait-on lire dans la communiqué final du Conseil des ministres tenu le jeudi 5 décembre 2019 sanctionnant la nomination du fils du président de la République Ali Bongo Ondimba au poste de Coordonnateur général des Affaires présidentielles.  

Il est clairement établi que Noureddin Bongo Valentin a pour mission principale d’assister le Chef de l’Etat, Ali Bongo et de veiller à la stricte application de ses décisions. La fonction du Coordinateur général des Affaires présidentielles est donc intimement liée à celle du président de la République. A quoi lui servent alors les 6 collaborateurs dont il dispose alors que le cabinet du chef de l’Etat qu’il assiste par ailleurs, devrait être celui dont il coordonne l’action ? Quelles fonctions remplissent-ils vu que dans les faits, au regard de la teneur de la fonction de Noureddin, ils ont les mêmes missions que Théophile Ogandaga? 

L’opinion s’interroge et avec elle, l’hebdomadaire La Loupe qui dans sa parution de ce mardi 4 février 2020, se questionne elle aussi sur cette prolifération des cabinets, donc des collaborateurs, au sein de la Présidence de la République tout en dénonçant l’impact sur les finances publiques. « L’Etat verserait ainsi des salaires mirobolants à des gens qui exécutent la même tâche… se pose alors la question de la rationalisation des services de la présidence que l’on avait crue résolue un temps avec les départs de Samuel Ngoua Ngou et consorts », a-t-on pu lire dans les colonnes de La Loupe. 

Le même média fustige l’érection d’un autre cabinet chez la première Sylvia Bongo qui dans sa volonté de « faire de l’investissement sur l’humain son cheval de bataille » se serait doté « d’un directeur de cabinet et d’un contingent de conseillers prompts à organiser ses activités » poursuivent nos confrères. Pareille initiative ouvre la porte à toutes sortes de prises de position, y compris celle  récurrente de la dilapidation des deniers publics à l’heure où le gouvernement demande aux Gabonaises et aux Gabonais de serrer la ceinture. 

Pire, le gouvernement a gelé les recrutements dans la Fonction publique ainsi que les avancements, ce qui a considérablement augmenté le taux de chômage chez les jeunes.  Dans le même temps, certains privilégiés sont sont nommés au sein des multiples cabinets à la Présidence de la République, grassement payés avec l’argent du contribuable pour se prélasser et écumer les couloirs du palais tandis que d’autres, près de 600 mille sont réduits à vivre avec moins de 600 FCFA par jour. 

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