dimanche,22 mai 2022
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Gabon: la pratique de la dot peut-elle expliquer la faible fréquence de mariages ?

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Prohibé au Gabon depuis 1963 soit 59 ans, la pratique de la dot continue malheureusement de suivre son cours avec des formats de plus en plus budgétivores. Conséquence, d’aucuns en viennent à établir un lien étroit entre la faible fréquence de mariages dans notre pays et le coût total que requiert l’organisation d’un mariage coutumier, qui lui n’est pas légalement interdit.

Étape de portée symbolique intervenant avant la signature d’un acte civil devant une autorité habileté notamment le maire, le mariage coutumier serait à l’origine du trop peu de mariages au Gabon. D’aucuns en viennent à affirmer que cette initiative qui consacre la responsabilité d’un homme ne ferait pas partie de nos us et coutumes. Pour d’autres, ce serait plus la cherté de la dot et des accessoires qui freine les ardeurs des personnes sans situation stable.

Si sous d’autres cieux, des étudiants peuvent décider de se marier, au Gabon il est observable que ce type d’événement est rare voire quasi nul en pourcentage de récurrence. La raison est qu’en étant un simple étudiant, le prétendant ne peut pas supporter le poids de la dot exigée par sa belle-famille qui foule aux pieds la loi N°20/63 du 31 mai 1963 portant interdiction de la dot qui l’a clairement rendue nulle et sans effets à l’égard de ceux qui s’y prêtent.

Au nom d’une coutume qui prévaudrait seuls les plus nantis, peuvent contracter le mariage coutumier désormais lié à la pratique de la dot. Pour ce faire, pas moins de 2 millions sont à prévoir. Entre la dot initiale, le paiement des enfants, la compensation en apport en biens matériels, il est d’ores et déjà évident que cette pratique n’est réservée qu’à quelques-uns. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ne pas épuiser l’étape de la dot est « un manque de respect envers la femme et sa famille ».

Les pratiquants de ce rituel, qui s’apparente plus à une vente d’être humain qu’un cérémonial traditionnel, sont de plus en plus « avides » et « exigeants ». Et ce, qu’il s’agisse des peuples du Woleu-Ntem que ceux du Haut-Ogooué. Sous l’égide d’un mimétisme non justifié, la dot a été décuplée à telle enseigne que le budget de mariage coutumier est aujourd’hui plus élevé que celui orienté au mariage civil qui confère pourtant une sécurité juridique. Pour information, pratiquer la dot expose à une peine d’emprisonnement de 3 mois à 1 an assortie d’une amende de 360.000 FCFA,au plus.

Lyonnel Mbeng Essone
Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
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