jeudi,22 octobre 2020
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Gabon: la petite leçon de souveraineté de Nathalie Yamb à Bilie-by-Nze

C’est un sacré recadrage qu’a infligé Nathalie Yamb au ministre des Affaires étrangères, Alain Claude Bilie-by-Nze. Ce dernier, réagissant à la polémique née des déclarations du député Bruno Fuchs sur l’incapacité présumée d’Ali Bongo Ondimba à diriger le Gabon, s’est insurgé par un tweet, contre les velléités colonialistes françaises traduites par cette sortie du parlementaire. Un tweet commenté par la militante panafricaniste suisso-camerounaise qui avec placidité, a dénié au membre du gouvernement gabonais, le droit de prendre une telle posture indépendantiste. 

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Alain-Claude Bilie-by-Nze en a pris pour son grade, et c’est peu de le dire. Comme prévu et attendu dans le landerneau politique gabonais, les réactions ne se sont pas fait attendre après la sortie visiblement déplaisante de Bruno Fuchs, député Modem et apparenté, faite le mercredi 8 juillet dernier, à l’occasion des débats de la première sortie à l’Assemblée nationale du nouveau gouvernement Jean Castex. Ce dernier prenant la parole au palais Bourbon à Paris a déclaré « Ali Bongo Ondimba n’était plus en capacité de diriger le pays depuis 18 mois ». 

Après la sortie du ministre des Sports et chargé de la Vie associative Franck Nguema qui pour réagir aux propos de l’élu de la 6e circonscription du Haut-Rhin s’était insurgé contre le « Jugement de valeur » visant à « déstabiliser la clef de voûte » des Institutions gabonaises qui fonctionnent et sont stables », c’est au tour d’Alain-Claude de Bilie-by-Nze de s’exprimer sur la question par le canal des réseaux sociaux. Si le premier, après sa sortie n’a essuyé que de simples critiques des compatriotes anonymes et méconnus, l’ancien porte parole du gouvernement n’aura pas eu bonne fortune car il s’est fait sèchement reprendre pour s’être érigé en chantre de l’anti-colonialisme et en dénonciateur d’une « certaine France » 

« Une certaine idée, défendue par une certaine France, voudrait faire de l’avenir du continent africain, le passé éternel de la colonisation française. Demander à Jean Yves le Drian d’agir sur des États indépendants, c’est se situer dans cette France coloniale ». C’est par ces mots que le ministre d’Etat ministre des Affaires étrangères a porté via son compte twitter , son regard sur les prétentions du député Bruno Fuchs. Alain Claude Bilie-by-Nze revendique ainsi une certaine indépendance de l’Afrique et rejette dans le même temps, un passé colonial enterré que l’élu français à tenter d’exhumer par ses déclarations qui font le lit à l’immixtion de la France dans les affaires gabonaises. 

Une sortie du ministre d’Etat gabonais que Nathalie Yamb militante panafricaine a aussitôt déstructurée en le remettant devant ses incohérences et le miroir déformant de ses fausses réalités. « Vous avez une base militaire française au Gabon et vous utilisez le Francs Cfa. Quand on est ministre en exercice, on ne fait pas de tweet pour affirmer la souveraineté d’un pays. On agit », a déclaré la militante suisso-camerounaise Nathalie Yamb, du reste membre du parti d’opposition ivoirien Liberté et démocratie pour la république (Lider). 

Une façon plutôt vérace de dire que le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, aurait mauvaise grâce à parler de souveraineté du Gabon et de se vautrer pour l’occasion, dans un rejet de façade de la colonisation, quand son propre pays porte en son sein des signes et des marques du néo-colonialisme. Pour défendre cette idée, elle a évoqué la présence sur le sol gabonais d’une base militaire française et l’usage du franc CFA, avant de lui suggérer à défaut de s’étendre sur les réseaux sociaux, une stratégie visant à faire sortir le Gabon du joug de la France si par extraordinaire, il en était incapable. 

C’est en cette occurence que Nathalie Yamb, pour mettre à nu ce qui selon elle, apparaît comme un faux-semblant et un panafricanisme d’apparence du patron de la diplomatie gabonaise plus prompt à s’exprimer sur les réseaux sociaux, l’a invité à agir. D’ailleurs, la militante qui avait fait sensation à l’occasion du sommet Russie-Afrique de Sotchi en octobre 2019, s’est elle proposée de fournir « une feuille de route méthodologique » pour mettre en branle la véritable souveraineté du Gabon. 

Un type de réponse érigé en petite leçon de souveraineté, qui par son glaive de vérité, transperce les évidences et réduit au silence celui à qui elle a été adressée. Et ce n’est pas Bilie-by-Nze, qui dira le contraire.   

A noter que pour plusieurs personnalités africaines, le Franc CFA imposé à l’Afrique est une autre manière pour les Occidentaux de maintenir les Africains sous le joug de l’esclavage. Position d’ailleurs soutenue par Nathalie Yamb à la Sotchi : « La France considère toujours le continent africain comme sa propriété. […] Nous voulons sortir du franc CFA. […] Nous voulons le démantèlement des bases militaires françaises qui, sous le couvert d’accords de défense bidons, ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats », avait-elle déclaré. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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