Gabon: la Ngounié Sud, au bon souvenir des abonnés au sous-développement

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Route en état de décomposition dans la Ngounié © D.R

Au moment où le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, lors de son discours à la Nation du vendredi 16 août 2019, a annoncé le lancement en septembre prochain des travaux de la Trans-gabonaise, route économique qui devrait relier Libreville à Franceville, de nombreux citoyens se questionnent sur la situation d’abandon constatée dans certaines parties du pays. C’est le cas de la Ngounié-Sud dont les principales localités Mbigou, Mimongo, Malinga ou encore Lebamba semblent avoir été oubliées  dans l’ère préhistorique en raison du sous-développement qui sévit depuis des décennies. 

Les Gabonais ont encore en mémoire, l’ambitieux projet ayant accouché  du concept « Ngounié Forte », dont le promoteur n’était autre que l’actuel député de la Dola, jadis directeur général du Budget Yves Fernand Manfoumbi, qui avait permis de donner un certain souffle à la Ngounié Nord. En effet, cette partie de la province a connu une forte émulation en raison non seulement de la promotion de ses filles et fils mais aussi par le lancement de travaux d’envergure qui ont eu pour conséquence d’offrir un semblant de développement à ces différentes localités à l’instar de Mouila, Fougamou ou Ndendé. 

La partie sud de la province de la Ngounié laissée pour compte

Si cette partie de la province peut se vanter d’avoir bénéficié d’une petite attention avec la construction de certaines routes désormais praticables en toute saison, la partie sud de la province laissée pour compte, n’a que ses yeux pour pleurer. Le niveau de développement proche du néant  est encore d’un autre temps. Pour preuve, l’état de décrépitude des principaux axes routiers que sont Lebamba-Mbigou; Mbigou-Malinga; Mbigou-Mimongo; Mimongo-Mouila, Lebamba-Mimongo et Mimongo-Lastourville

Gabon Gabonmediatime 14 (14)Du fait de la quasi inexistence d’un tronçon routier adéquat, la Ngounié Sud tarde à décoller sur le plan économique en raison des difficultés d’accession aux villes qui la composent. Région peuplée essentiellement de Nzébi, Massango et Mitsogo, le relief accidenté a eu raison des potentiels investisseurs et des exploitants forestiers qui rencontrent d’énormes difficultés à sortir le bois coupé de la forêt. 

Désabusées, les populations avaient grand espoir de voir la situation s’inverser avec l’érection du pseudo Plan de relance économique (PRE), mais c’était sans compter sur l’amateurisme du gouvernement car ni la construction d’un barrage hydraulique à Dibwangui pour électrifier les villages situés sur l’axe Mbigou-Lebamba ni la route n’a vu le jour jusqu’à présent au grand dam des populations qui se rendent progressivement compte que cette initiative de Ngounié sud  n’était finalement qu’un nouveau jet de poudre de perlimpinpin. 

La Ngounié Sud n’a toujours récolté en retour qu’ingratitude des pouvoirs publics

Malgré qu’elle se soit donnée bon an mal an au Parti démocratique gabonais (PDG), la Ngounié Sud n’a toujours récolté en retour qu’ingratitude de la part du parti au pouvoir qui n’a que très rarement, ces dernières années,  daigné promouvoir une fille ou un fils de cette partie de la province au rang de ministre d’Etat, de président d’une institution constitutionnelle ou de directeur général d’une société étatique d’envergure. 

Si la Ngounié Nord peut se vanter d’avoir obtenu la promotion de personnalités politiques telles que Lucie Milebou Aubusson à la présidence du Sénat, Guy Bertrand Mapangou ministre d’Etat, Pierre Claver Maganga Moussavou vice-président de la république, Yves Fernand Manfoumbi directeur général du Budget, Patrici Tanasa administrateur directeur général de Gabon Oil ou encore Biendi Maganga Moussavou ministre en charge du projet Graine pour ne citer que ceux-là, de l’autre côté, les derniers ministres de l’ère Ali Bongo Ondimba sont entre autres Hilaire Machima, ministre délégué à l’Economie, puis au Budget, Christiane Leckat ministre déléguée à l’Habitat, ou encore Feu Dieudonné Nzengue ministre délégué aux Affaires étrangères, qui n’étaient relégués qu’au rôle de second couteau car ne disposant pas de moyens pour conduire de véritables programmes de développement structurant pourtant eux aussi, hauts cadres de l’administration et du PDG. 

La répartition des responsabilités dont la teneur des postes ministériels  fait présumer du crédit moindre accordé par l’exécutif, aux personnalités politiques et intellectuels de cette contrée, qui pourtant est essentiellement habitée par des Gabonais dont le haut niveau de qualification ne souffre d’aucune contestation.  La négligence et la faiblesse des responsabilités des personnalités de la Ngounié Sud transpirent sur le développement de celle-ci, insignifiant, stationnaire et inexistant

L’on se souviendra, que l’axe Ndendé-Lebamba dans la Ngounié Sud a connu une modernisation grâce au passage de Flavien Nzengue Nzoundou au gouvernement, en qualité de ministre des Travaux publics, sous l’ère Omar Bongo Ondimba. Un ouvrage qui a donné un espoir aux populations de Mimongo, Mbigou et Malinga, qui croyaient que leurs contrées sortiraient elles aussi des bourbiers, ponts artisanaux et du désenclavement qu’elles subissent depuis avant les indépendances. C’était sans compter sur le peu d’intérêt que les pouvoirs publics leur accordent. L’éviction du général d’armée de ce portefeuille ministériel avait vite fait de les faire déchanter. Aujourd’hui, ces contrées sont abonnés au sous-développement. 

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