Gabon: La Nationale, entre précarisation des employés et guerre de leadership

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La situation qui prévaut actuellement au sein de la Compagnie aérienne La Nationale semble, au fil des mois, de plus en plus préoccupante. Entre des employés qui peinent désormais à joindre les deux bouts, puisque totalisant 4 mois d’impayés de salaires, et une guerre visant à contrôler l’entreprise avec des complicités soupçonnées au sein de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), l’avenir de l’une des rares compagnies aériennes de droit gabonais est quasi incertain.



Cette histoire mêlant intrigue et ramification aux allures mafieuses part de la création en mars 2001 par Mouketou Mokhtar Neheme et son épouse Rosette Mouketou née Nkambissi de la compagnie aérienne dénommée National Airway Gabon (NAG) au  nom commercial « La Nationale ». La nouvelle compagnie aérienne obtiendra une licence d’exploitation et un certificat de transporteur aérien (CTA) AOC Nr : TR- 008 le 12 avril 2001, qui il faut le signaler ne sont ni cessibles ni transmissibles.

Comme le dit l’adage: les bonnes choses ne durent jamais, la situation va prendre une tournure inquiétante, lorsque le 11 octobre 2005, le gérant de l’entreprise en l’occurence Mouketou Mokhtar Neheme va entreprendre d’extirper de l’actionnariat Rosette Mouketou née Nkambissi et d’autres actionnaires et en changer la dénomination qui deviendra Nationale Regionale Transport (NRT) tout en conservant le nom commercial « La Nationale ». Des opérations qui se seraient faites au nez et à la barbe de l’Anac et de son épouse.

C’est lorsque sieur Mouketou Mokhtar Neheme tentera de vendre la compagnie au Bénin avec la complicité de son nouvel homme de main Juste Alain Mouity, bombardé pour l’occasion directeur général, que la situation s’envenimera. En effet, contrairement à la réglementation en vigueur, l’Anac reconduira  le même numéro de CTA en acceptant qu’il s’agit d’une compagnie nouvellement créée. Un fait impensable qui laisse dire que l’une des deux compagnies est l’expression d’un faux et usage de faux, reconnu d’ailleurs par le tribunal de premier instance de Libreville.

Il faut dire que lors de cette épisode le gérant d’origine libanaise sera placé en garde à vue à la Direction générale de recherche. C’est grâce à la bienveillance de son épouse qu’il sera relâché. L’habitude étant une seconde nature, il reproduira le même scénario avec son poulain en procédant à la vente de l’entreprise au directeur général de Getma Roland Nzigou, qui est connu pour avoir coulé cette dernière entreprise.  Rosette Mouketou née Nkambissi introduira de ce fait une plainte pour faux et usage de faux et une demande d’expulsion des dirigeants désignés de manière irrégulière par Juste Alain Mouity, son mentor ayant pris la poudre d’escampette depuis juillet 2017.

La décision de la justice sera opposée à l’ANAC qui à la surprise générale,  décidera de ne pas répondre à cette injonction, et va décider  de clouer au sol les aéronefs de la compagnie mettant ainsi au chômage ses employés. Pis, lors de leur expulsion,  Juste Alain Mouity et ses acolytes s’en iront avec les salaires du mois de Novembre 2018 des agents et en prenant le soin de ne pas honorer les fournisseurs, et de ne plus alimenter les comptes bancaires reconnus de la compagnie.

Cette situation est plus ou moins inquiétante du fait des accointances qui existeraient entre le sieur Juste Alain Mouity et des dirigeants de l’Agence nationale de l’aviation civile. Ainsi, Jour pour jour, cela fait donc 4 mois que des centaines d’employés sont sur le carreaux et ne savent plus à quel saint se vouer. Approchée par Gabon Media Time, la majorité d’entre eux a dit son refus de travailler avec des dirigeants qui avaient été reconnus  coupables de faux et usage de faux.

Une situation qui pourrait imploser dans les jours à venir, les agents ayant prévu de lancer un mouvement d’humeur, et qui devrait interpeller les plus hautes autorités en tête desquelles le ministre de tutelle Justin Ndoudangoye, qui il faut le rappeler avait tenté de désamorcer cette bombe à retardement, mais avait rencontré le zèle de certains dirigeants de l’Anac.

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