Gabon: la levée de boucliers de la Cosyga contre l’impôts sur les gros salaires

Le secrétaire général adjoint de la Cosyga Jocelyn Louis N’Goma © D.R

Les mesures du dernier Conseil des ministres continuent de faire beaucoup de bruit. Cette fois-ci c’est la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) qui est montée au créneau pour dénoncer le projet de loi instituant la « Contribution de solidarité sur les hauts revenus ». Cette mesure, selon les syndicalistes, n’a pas fait l’objet de discussions préalables avec les partenaires sociaux et constitue un impôt supplémentaire préjudiciable à l’avenir.



Dans son projet d’assainissement des finances publiques, le gouvernement a proposé plusieurs réformes. C’est à l’occasion du dernier Conseil des ministres du 29 mars dernier qu’a été entériné le projet de loi instituant la « Contribution de solidarité sur les hauts revenus » (CSHR). Cette nouvelle mesure n’est pas du goût des syndicalistes, dont la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) qui est montée au créneau. La Cosyga dénonce un projet incompréhensible et non inclusif, car le gouvernement n’aurait pas tenu compte de l’avis des partenaires sociaux, rapporte le quotidien L’Union de ce mardi 02 avril.

« Le gouvernement aurait dû préalablement expliquer aux partenaires sociaux, les contours de cette mesure. S’agissant de la Contribution de solidarité sur les hauts revenus, de quoi s’agit-il ? Généralement chez les autres, lorsqu’il est mis en place une contribution spéciale de solidarité, il est également spécifié l’évaluation des sommes à collecter en fonction de l’équilibre budgétaire à rattraper; la durée de ladite contribution et l’affectation des sommes collectées », a déclaré Jocelyn Louis N’Goma, secrétaire général adjoint de la Cosyga, sur les réseaux sociaux, ajoutent nos confrères.

Le secrétaire général adjoint de la Cosyga, s’interroge sur la nécessité de ce nouvel impôt et estime qu’en l’absence des précisions sus-mentionnées, nous sommes face à un nouvel impôt. Pourtant un impôt similaire existe déjà. Il s’agit de la taxe complémentaire sur les salaires (TCS) qui avait été instituée pour contribuer aux efforts de l’Etat lors de la construction du chemin de fer, qui n’a jamais pris fin. Chose incompréhensible quand on sait que ce prélèvement était censé être ponctuel et non permanent. « Autre préoccupation, de quels revenus s’agit-il, considérant qu’il existe d’autres, au-delà du salaire ? Sans oublier la taxe sur les ordures ménagères qui va également nous frapper. Trop d’impôt tue l’impôt », a conclu Jocelyn Louis N’Goma.

Pour rappel, le nouveau texte proposé par le gouvernement prévoit un prélèvement obligatoire, applicable à toute personne qui émarge au budget de l’Etat et qui perçoit une rémunération mensuelle brute supérieure ou égale à 650 000 Fcfa. C’est-à-dire que tous les fonctionnaires percevant un salaire compris entre 650 000 Fcfa et 1 500 000 Fcfa seront taxés de 5%; ceux compris entre 1 500 001 Fcfa et 2 000 000 Fcfa de 10%, et ceux compris entre 2 000 001 Fcfa et plus seront taxés de 15%. Pour l’instant, le nombre de fonctionnaires concernés par cette mesures et les économies dégagées à travers ces nouvelles ne sont pas pas connus.

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