Gabon : La HAC accusée de malversations financières

Quelques membres de la HAC après leur prise de fonctions @ Gabonactu.com

La Haute Autorité de la Communication serait accusée de malversations financières par les anciens conseillers du président du Conseil national de la communication (CNC). On parle de la coquette somme de 400 millions de FCFA qui aurait été débloquée par le ministre du Budget Jean Fidèle Otandault pour le compte du CNC. Une accusation qui ferait suite à une promesse non tenue de régularisation des arriérés de primes de moins de 45 millions par le président de la HAC.

Dans un article de notre confrère Echos du Nord paru le 08 février dernier, la HAC est accusée par les anciens conseillers du président du CNC d’avoir trahi sa promesse de prendre en charge les arriérés des primes dues par le conseil. Une trahison qui passerait mal d’autant plus que le président de la HAC aurait promis de vider le contentieux y relatif. « Nous avons été heureux d’apprendre que vous avez décidé de respecter le sacro-saint principe de la continuité du service, notamment de prendre la décision honorable de payer les arriérés de primes des conseillers », rapporte Echos du Nord qui reprend un courrier que les conseillers auraient adressé à Raphaël Ntoutoume Nkoghe, président de la HAC.

Dans ce même courrier, les anciens Conseillers du CNC s’interrogent sur l’usage qui aurait été fait des dotations spéciales de près de 400 millions, alors que leur problème qui ne demande que 45 millions maximum n’a toujours pas été résolu. « Nous savons que d’énormes mouvements financiers émanant du Trésor public ont été observés sur le compte du CNC à la Caisse de dépôts et consignations », rapporte notre confrère, qui précise tout de même qu’aucun document n’est venu étayer la réalité des montants de la dotation spéciale.

Cependant, au niveau de la Haute Autorité de la communication, la correspondance des anciens conseillers du président du Conseil national de la communication  n’est, semble-t-il, jamais arrivée au service courrier. « A ma connaissance, le président a reçu quelques anciens conseillers membres qui l’ont interpellé dans le cadre des arriérés de prime et il les a renvoyés vers le trésor public. Par contre, il n’a jamais reçu une quelconque correspondance à ce sujet », nous confie une source autorisée à la HAC.

La Haute Autorité de la Communication reconnaît l’existence de ce contentieux, mais réfute une fois de plus toute responsabilité dans ce dossier.  « L’article 58 de l’ordonnance N°00000010/PR/2018 du 23 février 2018 portant création, organisation et fonctionnement  de la HAC est claire. Les actifs et autres bien meubles et immeubles du CNC sont transférés de plein droit à la HAC », assure la même source. Et d’ajouter : « Il n’y a aucun article dans cette ordonnance qui parle du passif du CNC. Allez savoir pourquoi». Une réponse qui avait d’ailleurs déjà été avancée sur nos colonnes en octobre 2018, dans l’article « Les anciens conseillers membres du CNC en attente d’indemnisation ».

Pourtant, ces anciens Conseillers membres du CNC ont des arriérés de leurs primes qui ne leur ont jamais été versées. Comment expliquer une telle situation alors que ces derniers affirment être au courant d’importants « mouvements financiers vers le compte du CNC via la CDC » ? Les 2,5 milliards FCFA alloués aux élections auraient-ils pu permettre de vider ce contentieux ? La HAC persiste et signe. « Il faut savoir qu’il y a eu séparation du compte du CNC et de la HAC. En revanche, les missions de la HAC sont clairement définies dans l’ordonnance et sa comptabilité est soumise au contrôle de la Cour des comptes. Le rapport d’activités sera validé sous peu », renchérit notre source.

Qui démêlera l’écheveau de ce contentieux aux contours flous ?

Laissez votre commentaire