Gabon : la GOC et SEM au cœur d’un vaste scandale de détournements ?

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Logos de Gabon Oil company et de la Société équatoriale des mines © D.R.

Le scandale financier qui ébranle la classe politico-économique gabonaise depuis bientôt un mois et qui aurait fait ressortir des malversations à hauteur d’un peu moins de 100 milliards de FCFA, aurait permis de mettre en lumière les dérives d’un système. Selon La Lettre du continent, au coeur de cette pyramide, deux sociétés apparaissent comme les maillons forts, la Société nationale des hydrocarbures (GOC) et la société équatoriale des Mines (SEM). 


C’est sans aucun doute l’une des affaires les plus rocambolesques de ces dernières années au Gabon. Impliquant à la fois des responsables politiques, des dirigeants d’entreprises nationales et même des membres de la société civile notamment de la diaspora comme le relaient La lettre du continent et Jeune Afrique, le GabonOilGate qui aurait permis de mettre en lumière des détournements dont le cumul s’élève à  près de 100 milliards de FCFA, aurait également mis en branle un système qui aurait pu être bien plus chaotique pour notre économie. 

En effet, en annonçant dans une correspondance datée du mercredi 16 octobre 2019 à l’endroit des sociétés pétrolières, le paiement de la Redevance minière proportionnelle (RPM) en nature à compter du 1er janvier 2020, le ministère du Pétrole, du Gaz, des Hydrocarbures et des Mines, s’apprêtait à mettre en marche une pyramide savamment élaborée. Celle-ci devait notamment permettre à la Société nationale des hydrocarbures (GOC) et à la Société équatoriale des mines (SEM), d’échanger pétrole et minerais directement sur les marchés internationaux. La raison officielle évoquée pour justifier cette décision était de permettre au gouvernement de disposer de liquidités pour lui permettre notamment de payer les salaires des fonctionnaires. 

Ce « paiement en nature » qui dans les faits, aurait donné aux deux entités la possibilité de disposer de quantités importantes de pétrole représentant 600 000 barils par mois pour des bénéfices de près de 20 milliards de FCFA soit 248 milliards l’année, et de minerai de manganèse. Ce qui aurait pu déboucher sur des pertes colossales pour l’économie nationale. Cette mesure qui par ailleurs avait créé un véritable tollé dès son annonce. Cette décision avait d’ailleurs été suspendue par son signataire Noel Mboumba au plus fort de la vague d’arrestation lancée après le Conseil des ministres du jeudi 7 novembre 2019 qui avait marqué le début de l’opération scorpion.  

Gérée encore il y a peu par Patrichi Tanasa et Ismaël Ondias Souna deux proches de l’ancien Directeur de cabinet du président de la République, Brice Laccruche Alihanga, la GOC et la SEM auraient donc pu bénéficier d’une manne financière à nulle autre pareille. Au coeur des interrogatoires menés depuis deux semaines par les agents de la Direction générale des recherches (DGR) et de la Direction générale des contres-ingérences et de la sécurité miitaire (DGCISM), avec l’appuie de la Direction générale des services spéciaux (DGSS) ce « paiement en nature » aurait pu constituer le point final d’une lente agonie pour l’économie gabonaise.

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