jeudi,29 juillet 2021
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Gabon: la famille de Ketch Oboro sollicite Ali Bongo pour demander des comptes à Vladimir Poutine

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Ketch Stessi Oboro Anjilakuono. Le nom de ce jeune Gabonais, étudiant en dernière année de pharmacie à l’Université de Piatigorsk en Russie restera sans aucun doute dans les mémoires surtout avec les zones d’ombre qui planent autour de son décès. Si pour l’heure la famille, les amis et les proches de ce jeune compatriote sont encore sous le choc de cette disparition brutale encore non élucidée, son père, Basile Oboro a, au cours d’un entretien exclusif accordé à Gabon Media Time, tenu non seulement à édifier l’opinion sur les circonstances de ce drame mais surtout solliciter l’intervention du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba pour faire la lumière sur cette affaire. 

C’est le visage marqué par la peine et le chagrin que Basile Oboro a tenu à accorder cet entretien à Gabon Media Time. Si d’entrée de jeu, il a assuré être désormais calme et capable d’expliquer à l’opinion nationale comment la famille a accueilli la disparition de leur fils, ce dernier n’a pas pu cacher sa colère face aux zones d’ombre qui continuent d’entourer ce qui apparaît clairement pour lui comme « un crime raciste ». 

En effet, c’est le dimanche 13 décembre 2020 que la famille a été informée par le collègue et colocataire de son fils du crime dont il a été victime. Une information incompréhensible alors que le vendredi 11 décembre, il avait échangé avec une partie de la famille par appel vidéo et ne présentait aucun signe de maladie comme l’affirme l’Ambassade du Gabon en Russie. Pis, le père a confié que la thèse d’une maladie était improbable. « Je tiens à rappeler à tous que c’était un grand sportif, C’était un athlète de haut niveau, qui a reçu des médailles dans plusieurs universités en Russie », a-t-il indiqué. 

Revenant sur le déroulé de l’annonce du décès, il a souligné qu’après des multiples échanges avec l’Ambassade de Russie au Gabon, mais surtout le silence pour le moins méprisant du ministère des Affaires étrangères, qui malgré qu’il a été saisi, s’est muré dans un silence assourdissant, la famille s’est résolue à la disparition de son fils. Il faut souligner que plusieurs informations recuillies par les parents laissaient déjà entrevoir la thèse de l’assassinat. « Contrairement à ce que l’ambassade nous a dit, l’acte de décès du 17 décembre 2020 indique qu’il est mort à l’Hermatov, région de Stavropol. Son collègue de chambre nous a précisé que son passeport est resté dans la chambre, le fer à repasser branché et les cahiers ouverts il préparait un devoir », a confié Basile Oboro. 

Dans cette affaire qui a suscité l’émoi au Gabon et même en Afrique, l’attitude peu orthodoxe des responsables de l’Ambassadeur du Gabon en Russie, qui auraient caché les réelles conditions du décès de ce jeune compatriote, laisse quelque peu perplexe. Selon une source diplomatique contactée par Gabon Media Time, « l’ambassadrice a dans une correspondance adressée au Ministre des Affaires étrangères datée du 14 décembre, déclaré clairement que les causes de la mort ne sont pas élucidées », nous a-t-elle confié.

D’ailleurs, les parents de la victime se sont dit étonnés de la divergence des versions avancées par l’Ambassadeur Johanna Rose Mamiaka. Chose encore plus curieuse, qui corrobore l’idée d’une volonté d’étouffer cette affaire, une note aurait été adressée à l’ensemble des ressortissants gabonais en Russie pour leur demander d’être vigilants et de limiter leur sortie à des déplacements essentiels. 

Comble de la cruauté dans ce drame qui a bouleversé le pays, lors de l’arrivée de la dépouille, c’est dans une caisse en zinc, sans cercueil que le défunt a voyagé avec comme énième supplice pour la famille la découverte d’un corps presque mutilé. « Jusqu’à présent, l’arrière de la tête complètement ouvert ! Je n’ai pu ouvrir que la partie supérieure et j’ai enlevé un bouton pour constater qu’au niveau du cœur il y a une longue déchirure qu’on a tenté de recoudre. L’autre fait le plus marquant c’est le message que la Russie envoie à l’État gabonais, tous les vêtements sont arrivés trempés de sang! Mais pire il est bien habillé vu que nous avons envoyé des vêtements et il a été attaché, ils ont ligoté ses mains et ses pieds », a révélé Basile Oboro au bord des larmes.   

Autant d’éléments qui ont amené la famille à émettre de sérieux doutes sur les causes réelles du décès de leur fils Ketch Stessi Oboro Anjilakuono. Face à cette situation, le patriarche n’a donc pas manqué d’interpeller le président de la République Ali Bongo Ondimba, seul garant de la sécurité des Gabonais où qu’ils soient, sur la nécessité de saisir son homologue Vladimir Poutine pour faire la lumière sur cet acte odieux susceptible de brouiller les relations entre le Gabon et la Russie. « Je demande le soutien du président, qu’il prenne les dispositions pour que la Russie rende des comptes », a conclu Blaise Oboro.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme