dimanche,28 novembre 2021
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Gabon : «la faim va nous tuer avant le Coronavirus», le cri d’alarme des populations du PK6

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Livrées à ellesmêmes dans cette période de confinement du « Grand Libreville », et dans l’attente d’une opération de distribution de bons d’achat alimentaire qui peine à se concrétiser, les populations de nombreux quartiers commencent à crier famine. Malgré les nombreuses promesses qui leur ont été faites ici et là, ces populations dont la plupart vivaient avant ce confinement de « petits boulots », ne savent plus à quel saint se vouer.

Dans un contexte de lutte contre la propagation du Covid-19 dans le pays, le gouvernement Nkoghe Bekale sur instruction du président de la République Ali Bongo Ondimba s’est résolu à décréter un « état d’urgence sanitaire ». Si cet « état d’urgence sanitaire » a depuis été matérialisé en confinement total du « Grand Libreville » qui comprend notamment la commune éponyme, mais également celles d’Owendo, Akanda et Ntoum, les nombreuses mesures qui étaient censées l’accompagner peinent à se matérialiser. 

En effet, annoncée en grande pompe le 10 avril dernier par le chef du gouvernement, la distribution de kits alimentaires aux gabonais économiquement faibles (GEF) conduite par la ministre en charge des Affaires sociales Prisca Koho Nlend, se résume pour l’heure à un véritable fiasco. Avec moins de 10000 kits alimentaires distribués sur 60000 prévus, cette opération semble avoir du plomb dans l’ail.

Résultat, à moins de cinq jours de la fin du confinement du « Grand Libreville », de nombreux quartiers restent abandonnés à euxmêmes. Une situation alarmante qui fait dire à Chantal, une femme d’une soixantaine d’année, habitante du Pk6 et chef d’une famille de neuf membres, que « la faim va nous tuer avant le Coronavirus ». Car c’est bien là toute la problématique. En décrétant ce confinement qui se heurte aux réalités gabonaises, le gouvernement a précipité la déchéance de populations vivant au jour le jour. 

Craignant pour leur vie non pas à cause du Coronavirus, ni de l’insécurité dans les quartiers, mais plutôt parce qu’ils ne savent pas de quoi sera fait demain comme nous l’a indiqué madame Chantal qui « ne sait pas si elle passera la nuit à cause de la faim », ces GEF qui désormais crient famine, n’attendent plus qu’un signe du destin. Comble de l’ironie, ce qui semble aujourd’hui ne plus faire peur à ces populations désoeuvrées, constitue la principale difficulté évoquée par la ministre en charge des solidarités dans cette tâche qui lui a été confiée à savoir : le risque de propagation du virus et de l’insécurité.

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Lauris Pembahttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en droit Public, je suis passionnée par le journalisme depuis des années. J'anime l'actualité au quotidien sur GMT depuis son lancement en juillet 2016.
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