mercredi,25 novembre 2020
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Gabon: la dépénalisation de l’homosexualité motivée par le respect des droits humains

Le débat sur le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 du Code pénal prévoyant la répression de l’homosexualité, loin d’ouvrir une brèche sur l’acceptation de cette orientation sexuelle a le mérite de mettre en lumière la nécessité de construire une société plus juste pour chaque citoyen. Si le vote par l’Assemblée nationale n’est pas synonyme de légalisation, il est sans conteste une reconnaissance tacite de cette différence qui ne doit pas être facteur de discrimination comme l’ont relevé plusieurs acteurs politiques du pays. 

Si la société gabonaise semble attachée à ses valeurs religieuses et traditionnelles, il est indéniable qu’elle est en constante évolution et ne peut se développer en vase clos dans un monde en perpétuelle mutation. C’est sans doute le sens à donner à la proposition portée par le premier ministre lui-même et qui a abouti à l’adoption par la chambre basse du parlement du retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 du Code pénal. Un retrait qui dès lors s’arrime au préambule de la Constitution qui « affirme solennellement son attachement aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales ». 

En inscrivant la répression de l’homosexualité dans son corpus légal, le Gabon était en porte à faux avec sa loi fondamentale et la marche du monde qui met le respect des droits humains au centre de l’action collective. Il était donc nécessaire pour le gouvernement, interlocuteur d’instances internationales, de se conformer au droit y relatif, notamment aux principes et droits de l’Homme qui énoncent les obligations des États à protéger les minorités.   

Ainsi, en retirant cet alinéa qui dispose que « constituent des atteintes aux moeurs les relations sexuelles entre personnes de même sexe », le Gabon souhaite s’inscrire comme un pays réformateur qui garantit le respect des droits de tous les citoyens quels que soient leurs origine, sexe, religion ou même orientation sexuelle. D’ailleurs dans une publication sur son compte Twitter, le chef du gouvernement Julien Nkoghe Bekale a salué « les parlementaires pour avoir fait évoluer les mentalités et su s’adapter au temps ». 

Avant lui la première dame du Gabon Sylvia Bongo Ondimba, très engagée dans la défense des droits de l’Homme, a salué la position de l’Assemblée nationale gabonaise. « Un Droit humain fondamental pour ses citoyens : celui d’aimer, librement, sans en être condamné », a-t-elle publié. Même son de cloche chez la directrice générale de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire qui a tenu à relever que « l’orientation sexuelle n’est ni un délit ni un crime ». 

Si dans l’opinion, de nombreux acteurs politiques et de la société civile brandissent le respect des convictions religieuses pour dire leur aversion à la dépénalisation de l’homosexualité, la députée PDG du 3e arrondissement de Libreville Sylvie Kotha qui a voté pour le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 Code pénal a estimé que « respecter les droits de l’homme, c’est respecter la vie d’autrui ». Il est donc indéniable que sans verser dans l’émotion perceptible ces derniers jours, le Gabon vient sans aucun doute de franchir un pas dans la lutte pour l’égalité.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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