mercredi,27 janvier 2021
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Gabon: la Covid-19, un prétexte pour masquer les errances de l’exécutif?

L’apparition de la Covid-19 at-elle été réellement la cause principale des difficultés économiques et structurelles du Gabon? Où ne constitue-t-elle simplement qu’un prétexte sur lequel s’appuie l’exécutif pour masquer ses errances? Telles sont les questions que l’on serait tenté de se poser au regard de la situation macroéconomique actuelle. Et pour cause, si la Covid-19 a effectivement exacerbé les difficultés du Gabon à conduire son développement, elle ne les a pas créées.

Loin d’être un modèle en matière de bonne gouvernance et d’efficience en matière de gestion des dépenses publiques, le Gabon paie aujourd’hui l’accentuation des nombreuses contraintes structurelles visant notamment à renforcer la résilience de son économie et disposer des ressources internes nécessaires notamment au renforcement de son capital humain et à l’amélioration de ses infrastructures de base. 

En effet, 29ème dans le dernier classement de la Fondation Mo Ibrahim qui n’a d’ailleurs pas manqué de révéler des signes d’insuffisances principalement en matière de sécurité et d’État de droit, de transparence, ou encore d’infrastructures et de gouvernance publique, le Gabon paie son manque de rigueur et de discipline budgétaire. Les boulets que sont au fil des ans, devenues des structures comme l’ANGTI, l’ANAGEISC ou encore les échecs retentissants du PSGE et du PRE, en sont des références.

Bien au-delà de la Covid-19 qui a effectivement constitué un frein au développement de certains investissements notamment dans le secteur pétrolier, le Gabon, à travers ses différents gouvernements est donc surtout victime de ses propres turpitudes. Fort de choix plus que discutables comme lorsqu’il consacre entre 2015 et 2017 à peine 0,5% du budget d’investissement public au secteur prioritaire du logement contre 10,2% pour la construction de stades, l’exécutif semble donc aujourd’hui avoir trouvé en la Covid-19, un parfait bouc émissaire.

Adepte de la politique de l’autruche, l’exécutif gabonais, qui s’est lourdement endetté au cours des dix dernières années avec une dette publique qui culmine à plus de 5700 milliards de FCFA dont quasiment 1000 pour la seule année 2020, semble donc se murer dans un refus d’assumer ses choix. Des choix qui n’ont jusque-là, ni été en mesure d’améliorer le climat des affaires, ni de favoriser la diversification de l’économie. Autant le dire, des choix peu judicieux.

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Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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