Gabon : la Cour des comptes révèle un déficit budgétaire de 147 milliards de FCFA en 2018

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Le président de la Cour des comptes Gilbert Ngoulakia et la présidente du Senat Lucie Milebou © D.R.

Comme il est de coutume en clôture d’année et conformément à la constitution gabonaise, la Cour des comptes a présenté ce mercredi 11 décembre au Parlement, son rapport sur le contrôle de la loi de finances de l’exercice 2018. Comme il fallait s’y attendre, au regard des nombreux dérapages observés, « le contrôle de l’exécution de la loi de finances de l’exercice 2018 s’est soldé par un déficit » a indiqué Gilbert Ngoulakia, président de la juridiction financière. 


C’était ce mercredi 11 décembre 2019. Comme l’exige la constitution de la République gabonaise, la Cour des comptes que préside Gilbert Ngoulakia, a procédé au dépôt aux deux chambres du Parlement que sont le Sénat et l’Assemblée nationale, de son rapport final sur le contrôle de l’exécution de la loi de finances de l’exercice 2018. 

En effet, en présentant ce document qui met en lumière un déficit en charges et en ressources de l’ordre 147,031 milliards de FCFA, la juridiction financière à travers son président a souligné pour le déplorer « de nombreux manquements, comme par exemple le «caractère irréaliste des prévisions des ressources et des charges, l’évaluation partielle des dépenses fiscales par la direction générale des impôts (DGI), l’importance du poids de la dette ».

Outre ces aspects, le document présente également de nombreux manquements liés au « faible recouvrement des recettes, l’absence des décrets autorisant les modifications des crédits opérés en cours d’exercice, les soldes débiteurs persistants de plusieurs collectivités locales, le non-versement de la part patronale de l’Etat-employeur au titre des pensions de retraite, la non-exécution des crédits du Compte d’affectation spéciale », souligne Gilbert Ngoulakia. 

Couronné par la traditionnelle « non-production, dans les délais légaux, des documents essentiels », le rapport de la cour des comptes témoigne des difficultés de mise en œuvre des principes de bonne gouvernance. Des faits qui obèrent une évaluation optimale de la performance des programmes, alors même que cette évaluation est une condition nécessaire à l’atteinte des objectifs du gouvernement. 

Présenté aux parlementaires dans un climat délétère marqué par des scandales de malversations au sommet de l’Etat, ce rapport vient mettre un point d’exclamation aux nombreux faits de corruption et de gabegie dénoncés par plusieurs organismes internationaux. Ils reflètent par ailleurs, la nonprise en compte des précédents rapports dans l’élaboration de la loi de finances. 

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