Gabon: la Cour des comptes pointe du doigt les dérives de la direction générale de la Dette

Le trésor public gabonais © D.R

Dans le cadre de sa mission d’assistance au Parlement et au Gouvernement prévue par différentes dispositions de la constitution, de la loi organique notamment, la Cour des comptes présidée par Gilbert Ngoulakia, a élaboré son rapport annuel sur l’exécution de la loi de finances. Dans ledit rapport, elle égratigne différentes directions générales, en tête desquelles la Direction générale de la Dette (DGD), dont Emmanuel Berre vient de prendre les rênes.



Créée par décret 635/PR/MECIT en Août 2010 lors du premier Conseil des Ministres délocalisé à Port-Gentil, la Direction Générale de la Dette (DGD) aujourd’hui dirigée par Emmanuel Berre, nourrissait de grandes ambitions. Ainsi, avec pour mission d’améliorer la qualité de la gestion de la dette publique, réduire sa vulnérabilité aux chocs financiers internationaux et faciliter le développement et le bon fonctionnement des marchés pour les titres publics intérieurs, la DGD est aujourd’hui à des années lumières de ces attentes.

En effet, le rapport de la Cour des Comptes sur l’exécution de la loi de finances 2017 récemment élaboré, fait froid dans le dos. Entre mépris de la loi marqué par une « production tardive des documents nécessaires au contrôle malgré une obligation légale » et « divergences entre les différents documents fournis », la DGD est devenue une véritable « boîte de Pandor ».

Dans son rapport, la juridiction financière a d’ailleurs « émis des réserves quant à la sincérité des informations qui retracent la situation financière de l’Etat au terme de l’exercice 2017 ». De plus, la Cour des Comptes n’a pas manqué de souligner que « l’encours de la dette publique est en constante augmentation », avant d’ajouter que « le niveau d’endettement de l’Etat atteint 64% du PIB (…) un taux largement au-dessus du seuil gouvernemental de 35% » et qui se rapproche « dangereusement du seuil communautaire de 70% ».

Evalué à 4093,065 milliards de francs Cfa en 2016, à 4389,67 milliards de francs Cfa en 2017, l’encours de la dette publique est aujourd’hui évalué à plus de 5300 milliards de Fcfa. Entre 2017 et 2018, il a d’ailleurs connu la plus forte hausse jamais enregistrée avec un chiffre record de 1300 milliards de Fcfa sous la direction de l’ancien DG de la dette Hugues Mbadinga Madiya.

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