mercredi,23 septembre 2020
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Gabon: la baie des Rois un projet «grotesque» et à l’abandon

Alors qu’il devait être le symbole de la vision de l’émergence du Gabon à l’horizon 2025, le projet Baie des Rois (ex Marina 2) initié par Ali Bongo Ondimba il y a quelques années, est loin d’être réalisé voire même réalisable. Géré par le Fonds Maritime du Champ Triomphal (FMCT) filiale du Fonds Gabonais d’investissement stratégique (FGIS), ce projet “ambitieux” et même «grotesque» selon certains observateurs avisés semble fortement compromis au regard du contexte économique actuel. 

40 hectares, une marina  de 200 places, 205 000 m² de bureau, 78000 m² de commerces, un parc hôtelier 4 et 5 étoiles, 41000 m² dédiés aux logements, un musée, un aquarium, un village des arts, le projet de la Baie des Rois avait de quoi faire pâlir d’envie n’importe quel Gabonais. Annoncé en 2012 sous l’impulsion d’un prix du baril dépassant largement les 100 dollars, ce projet rêvé sur le modèle de la Palm Island de Dubaï, est très loin des objectifs plus de 7 ans plus tard. 

En effet, lancé en grande pompe par Ali Bongo Ondimba en marge du New York Forum Africa, ce projet pharaonique qui était à l’origine « un rêve d’Omar Bongo dans les tiroirs depuis près 35 ans », n’a pour ainsi dire jamais décollé. « Grotesque, et non prioritaire pour l’amélioration des conditions de vie des Gabonais» selon certains Gabonais qui pensent que le pays dispose de suffisemment de terrain constructible pour ne pas avoir la folle ambition d’aller construire sur la mer.

« Symbole de la mégalomanie des dirigeants » pour d’autres, la Baie des Rois qui devait être le symbole de la Vision à l’horizon 2025 inscrite dans le PSGE, reste un énième gâchis pour le pays qui n’a pas su relever le défis de construire en trois ans comme prevu dans le cadre de son PRE, dix centres de formation professionnelle, une trentaine de structures sanitaires de proximité, trois barages hydroélectriques ou encore améliorer les conditions de production d’eau potale à travers l’usine de Kango qui devait profiter à plus de 600 000 compatriotes. 

Confié au Fonds Maritime du Champ Triomphal (FMCT) filiale du Fonds Gabonais d’investissement stratégique (FGIS) pour lui redonner un coup d’accélérateur, ce projet n’en est aujourd’hui qu’au stade de « terrassement », alors même que selon le calendrier établi en amont, l’année 2018 devait constituer la deuxième phase de réclamation des parcelles. Loin des attentes, ce projet à l’image du BCPSGE et dont les travaux maritimes devaient être réalisés par le chinois CHEC, a pourtant déjà englouti plusieurs milliards de Fcfa. 

Si le FMCT nouveau promoteur du projet, impute cette lenteur à la mauvaise structuration du projet par les premiers promoteurs qui en avaient sous-évalué le coût, la rentabilité et surtout les besoins en financement, ils se heurtent aujourd’hui à la dure réalité économique et au contexte de dépréciation de la monnaie en zone CEMAC. Toute chose mettant à mal les ambitions des autorités. Dans l’hypothétique concrétisation de ce projet. 

Devant doter la capitale gabonaise d’un Centre d’affaires moderne, d’un port de plaisance, et surtout devant attirer le maximum d’investisseurs, cette marina suscite aujourd’hui l’ire de nombreux observateurs, qui en voient le symbole du gâchis de la manne pétrolière gabonaise dans des projets surréalistes. 

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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