jeudi,24 septembre 2020
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Gabon: la BAD pointe du doigt un recours excessif aux financements extérieurs

C’est probablement l’une des principales raisons de la hausse significative du niveau d’endettement dans la sous-région Afrique centrale. Forts d’une absence de diversification économique et d’une relative opacité dans la gestion des finances publiques, certains Etats à l’image du Cameroun et du Gabon multiplient le recours aux financements extérieurs, une situation pointée du doigt récemment par la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport sur les perspectives sous-régionales.

Si au niveau régional, l’Afrique centrale a enregistré un surplus budgétaire de 0,5% du PIB, grâce notamment aux efforts d’assainissement des comptes publics dans le cadre du Programme Régional des Réformes Economiques et Financières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), il n’en demeure pas moins qu’au niveau de l’endettement public, de nombreux efforts restent à fournir.

Et pour cause, contrairement aux autres régions du continent, l’Afrique centrale affiche des performances mitigées à ce sujet. Fortement dépendants de la rente liée aux matières premières, les pays de cette sous région recourent systématiquement aux emprunts extérieures. Une situation d’autant plus marquante au Gabon, qui présente aujourd’hui un niveau d’endettement relativement élevé avec pas moins de 5607 milliards de FCFA, soit près de 65% du PIB, contre seulement 13% pour la Guinée Equatoriale voisine.

Présentant « un risque de crédit substantiel » selon Fitch Ratings, avec des « liquidités qui restent limitées » selon Moody’s, le Gabon affiche aujourd’hui des difficultés de paiement du service de sa dette avec des arriérés qui se sont accrus de 21 % du PIB en 2019 contre 8 % en 2018. Principalement lié aux financements multilatéraux et bilatéraux pour financer le Plan de Relance de l’Economie, ce niveau d’endettement reste particulièrement préoccupant. 

Pointé du doigt par la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport sur les perspectives sous-régionales, ce niveau d’endettement devrait donc attirer le regard de l’économiste Rose Christiane Ossouka Raponda, qui devrait en faire sa priorité. Faut-il rappeler que dans la loi de finances rectificative (LFR), le niveau des dépenses budgétaires est supérieur de plus de 400 milliards de FCFA à celui des recettes ? Une incongruité pour un gouvernement qui appelle sans cesse, les populations à « faire des efforts en ces temps de crise ».

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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