jeudi,22 octobre 2020
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Gabon : Julien Nkoghe Bekale et la Primature, clap de fin ?

Julien Nkoghe Bekale vit-il ses dernières heures à la Primature? C’est de toute évidence la rumeur qui enfle dans l’opinion relayée en outre par l’hebdomadaire la Loupe. Chargé de toutes parts, acculé et poussé dans ses derniers retranchements l’homme fort de Ntoum fragilisé par l’opération Scorpion, à laquelle il a été associé du fait de son appartenance à l’Association des Jeunes émergents volontaire (AJEV), serait prêt à rendre son tablier, après un passage particulièrement mouvementé symbolisé par des remaniements, à n’en plus finir et une épine sous le pied, estampillée Brice Laccruche Alihanga.  

Syndicats, presse et partis politiques, tous ou presque et ce de façon unanime, certains en ferraillant de leur plume, d’autres à coups de déclarations, ont ces dernières semaines, fougueusement combattu l’actuel Chef du gouvernement Julien Nkoghe Bekale. Dans cette vendetta menée à tort ou à raison par la clameur populaire, un seul mot et pas des moindre, est revenu avec insistance au point de s’arrimer à la volonté de la conscience sociale : DÉMISSION.

Audelà de son procès en « incompétence » intenté par les différents partis politiques de l’opposition, un fait lui revient en plein visage, telle une bombe à retardement qui aujourd’hui par son explosion, produit ses premiers effets. Il est bien évidemment question de ses liens étroits avec Brice Laccruche Alihanga et son mouvement l’Association des jeunes émergents volontaires  (AJEV) dont il est du reste président d’honneur. Rappelons que Julien Nkoghe Bekale a été nommé à la Primature au plus fort de l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo Ondimba, période coïncidant avec l’expression de la toute puissance au sommet de l’Etat du « Messager intime ». 

L’ancien tout puissant Directeur de cabinet du Président de la République, épinglé par l’opération Scorpion, désormais au bagne en compagnie de ses comparses surnommés les «BLA-Boys», accusés d’avoir distrait les deniers publics, blanchi des fonds en bande organisée et détourné outrageusement l’argent public est à n’en point douter, un proche de Julien Nkoghe Bekale. Une proximité qui a conduit Nicolas Nguema, opposant, leader politique du parti Pour le changement (PLC) et membre du Collectif Appel à agir, lequel se bat pour la déclaration de la vacance de pouvoir, a déclaré, s’agissant du Premier ministre, qu’il est comptable des détournements et « voire complice des agissements de Brice Laccruche » affirmait-il.  

Pour l’opinion, l’opération Scorpion n’a pas livré tous ses secrets et pour se faire une crédibilité, elle doit faire le nettoyage jusqu’au bout en mettant sous les verrous toutes les personnalités politiques ayant un lien avec son cerveau présumé Brice Laccruche Alihanga. Et dans cette perspective, de par ses attributions en tant que Chef du gouvernement et donc premier fonctionnaire de l’Etat, Julien Nkoghe Bekale ne peut entièrement s’affranchir de tout ce désordre perpétré au sommet de l’Etat. 

Abondant dans ce sens, tout en demandant « la démission immédiate du Premier Ministre Julien Nkoghe Bekale », Nicolas Nguema a fustigé le fait qu’il ne soit toujours pas entendu par la justice.  Pour ce dernier, « la perpétuelle gestion du pays par procuration de monsieur Ali Bongo et la responsabilité du gouvernement en général et du premier ministre en particulier qui devrait démissionner et se mettre à la disposition de la justice ». Voici en outre, un des écueils auquel devra faire face l’homme fort de Ntoum si devanture son départ de la Primature se confirmait. 

Même son de cloche pour l’organisation syndicale Dynamique unitaire laquelle avant de se prononcer pour « la démission immédiate du Premier Ministre Julien Nkoghe Bekale » avait associé la personnalité du Chef du gouvernement à l’opération Scorpion laquelle « met en lumière une vaste opération de braquage de l’Etat gabonais par un groupe d’individus à des fins d’enrichissement illicite, perpétuant ainsi la tradition séculaire de détournements de fonds publics par l’élite politique au pouvoir ». Une position claire certes, mais moins tranchée et triviale que celle du président du Mouvement alternance en marche (MAM) Abel Mbombe Nzondo, lequel sans langue de bois avait vertement demandé la démission du locataire de l’avenue Jean Paul II. « Julien Nkoghe Bekale et ses ministres sont des incapables. Il faut qu’ils bougent » s’était-il fendu. 

A quelques jours de la fin de l’année 2019, le Gabon pourrait faire face à un nouveau bouleversement son échiquier politique par départ de son Premier ministre. Un départ qui ne surprendrait personne tant le passage à la Primature du natif de l’Estuaire n’aura jamais été de tout repos. Entre instabilité gouvernementale, procès en faiblesse et en incompétence et suspicions de malversations financières, le fardeau de Julien aurait été difficile à porter. Mais qu’il ne s’y fie pas, en se débarrassant du fardeau harassant et épineux de la primature, il pourra se retrouver face à l’écueil non moins menaçant de l’opération Scorpion.  

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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