Gabon: Jean Ping toujours «illégalement» interdit de sortie du territoire

Jean Ping © D.R

Par courrier en date du vendredi 12 janvier 2018, la doyenne des juges d’instruction, Marie Christine Lebama, saisissait le directeur de la Police de l’air et des frontière (PAF), pour lui signifier l’interdiction de sortie du territoire de Jean Ping. Deux mois plus tard, cette interdiction «illégale» demeure car n’étant toujours pas annulée, selon Maître Jean-Remy Bantsantsa, un des avocats du leader de la Coalition pour la nouvelle République.

Dans un entretien accordé à Gabon Media Time, l’avocat au barreau du Gabon revient sur l’interdit de sortie du territoire qui frappe son client Jean Ping. Une mesure qui selon lui, n’a rien de conforme à la légalité. «L’acte qui a été posé par le juge d’instruction est un acte complètement illégal», précise Me Bantsantsa.

Si dans l’opinion l’idée selon laquelle l’interdiction de sortie du territoire de Jean Ping était levée, pour Me Bantsantsa il n’en est rien. «Pour ce qui est de la note qui a été adressée par le juge à la PAF, pour nous il s’agit d’un acte administratif qui ne rentre pas dans ses compétences. Nous l’avons donc saisi en recours gracieux en disant Mme vous n’êtes pas autorisée à prendre une telle mesure en tout cas pas dans cette forme là. Et par conséquent vous devez retirer votre interdiction de sortie du territoire», explique-t-il.

Pour le juge d’instruction, le fait d’avoir été  prise à partie (recusé, NDLR) ne lui donnait plus le pouvoir de poser d’actes dans ce dossier. Les avocats de Jean Ping qui ont considéré cet argument comme un refus, ont initié une procédure devant le tribunal administratif pour demander la nullité de l’interdiction de sortie de territoire qui frappe leur client du fait de l’incompétence du juge. A ce jour, les magistrats du tribunal administratifs n’ont toujours pas donné de réponse à leur requête.

A la question de savoir si aujourd’hui Jean Ping peut-il quitter le territoire gabonais, son avocat Me Bantsantsa répond : «Pour l’instant nous sommes dans une espèce de statu quo ou de nébuleuse.  On ne sait s’il peut partir ou pas. S’il se présente à l’aéroport les policiers peuvent lui dire qu’il est interdit de sortie du territoire parce qu’il y a un acte que le juge a pris. Or, cet acte est nul. Voilà la difficulté. C’est une situation de fait puisqu’ils ont balancé sur tous les réseaux qu’il y a une interdiction. Les policiers appliquent tout bêtement une décision qui est totalement illégale», conclut-il.

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