Gabon: Jean Ping appelle à la déclaration de la vacance du pouvoir

Jean Ping © D.R

Lors de son discours prononcé à l’occasion de la fête de l’indépendance du Gabon le 17 août dernier, le leader de la Coalition pour une nouvelle République (CNR) Jean Ping a appelé à la déclaration de la vacance du pouvoir. Un appel désespéré quand l’on sait que les responsables des institutions actuelles ont été nommés par Ali Bongo Ondimba dont il nie le pouvoir et la légitimité.

C’est à l’occasion de la célébration du 59ème anniversaire de l’accession du Gabon à l’indépendance le 17 août dernier que Jean Ping s’est adressé à ses compatriotes et au pouvoir en place. Revendiquant toujours sa victoire à la présidentielle de 2016, le leader de la CNR a dit être disposé à contribuer à mettre chaque Gabonais et chaque Gabonaise à l’abri de la peur et du besoin.

Ainsi, après avoir dénoncé la banalisation de la fonction du président de la République et la confiscation du pouvoir,  Jean Ping a invité les institutions de la République à déclarer la vacance du pouvoir. « J’en appelle donc solennellement au sens élevé des membres des institutions chargées de déclarer la vacance du pouvoir pour qu’elles le fassent avec courage et sans plus tarder », a-t-il déclaré.

Pour le leader de l’opposition, c’est le seul moyen d’en finir avec « l’usurpation » du pouvoir, mais l’unique chance pour le Gabon de retrouver sa stabilité politique, économique et sociale. « Il n’y a pas d’autre issue que d’engager le pays dans la voie que le suffrage universel librement exprimé lui a dessinée en 2016. L’usurpation consécutive au coup d’Etat militaro-électoral de 2016 et l’imposture actuelle, née de la débâcle et de l’impasse de cette même usurpation, doivent prendre fin », a-t-il clamé.

Cependant, cet appel de Jean Ping est un peu contradictoire, voire désespéré quand l’on sait l’opinion que ce dernier a du pouvoir en place qu’il juge illégitime. En effet, selon la Constitution, la vacance du pouvoir ne peut être déclarée par la Cour constitutionnelle qu’une fois saisie par le gouvernement et statuant ensemble à la majorité de leurs membres. Or, l’actuel Premier ministre et son gouvernement sont également membres du Parti démocratique gabonais (PDG), présidé par Ali Bongo Ondimba.

Qui plus est, six des membres de la Cour constitutionnelle, dont la présidente qui vient d’être confirmée pour  9 ans supplémentaires, sont nommés par le président de la République « usurpateur et illégitime » selon Jean Ping.  Qui déclarera la vacance du pouvoir  “illégitime” ?

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