Gabon: Jean Fidèle Otandault explique le bien fondé de la réduction de 50% de la MONP

Jean-Fidèle Otandault, ministre d'Etat, ministre du Budget et des comptes publics © D.R

Dans le cadre de l’assainissement des dépenses publiques, le gouvernement a adopté lors du conseil des ministres du 27 mars 2019 des mesures d’application tirées des recommandations du Plan de Relance de l’Economie (PRE) et de la Task Force sur les Finances Publiques tendant à l’assainissement de la masse salariale. L’une d’entre elles, la réduction de 50% de la main d’oeuvre non permanente (MONP), n’a pas manqué de susciter de fortes critiques au sein de l’opinion.



Lors d’un entretien accordé à Gabon Media Time ce lundi 01 avril 2019, le ministre du Budget et des Comptes publics Jean Fidèle Otandault a tenu à édifier l’opinion sur la décision prise par le gouvernement. En effet, la masse salariale de la fonction publique est estimée  à plus de 700 milliards de Fcfa que se partagent environ 124 000 agents publics dont 30 000 de la MONP. Une situation qui a amené le gouvernement à décider de la réduction des effectifs de l’administration et plus particulièrement de cette catégorie d’agents.

La nécessité de cette mesure réside dans le fait que la main d’oeuvre non permanente a connu un boom sans raison apparente. Selon les explications du membre du gouvernement, « les charges salariales de cette catégorie ont bondi de 4 milliards de Fcfa à près de 32 milliards en  quelques années ». Dans une situation économique difficile, il était incompréhensible de poursuivre dans cet élan inflationniste. Preuve de son insoutenabilité, cette  catégorie d’agents publics  a coûté 180 milliards de Fcfa à l’Etat entre 2015 et 2017.

A cet alourdissement des dépenses salariales s’ajoute aussi « la qualité des agents recrutés par l’Etat ». Il n’est un secret pour personne qu’une grande majorité ne dispose d’aucune qualification et était recrutée tous azimut à la seule discrétion des différents responsables administratifs. Des recrutements qui ne s’expliquaient d’ailleurs pas pour le cas des techniciennes de surface, certaines administrations s’etant deja attaché les services de prestataires privés.

La première mesure prise par le gouvernement était donc de procéder à un recensement dès septembre 2018 avec pour objectif de  réduire les dépenses salariales de l’Etat qui devenaient insoutenables sous l’effet des recrutements massifs dans l’administration et l’augmentation des salaires des agents publics.  La plus récente est celle prise lors du conseil des ministres concernant la réduction de 50% de cette main d’oeuvre non permanente et la relance d’un recensement, cette fois biométrique afin d’assainir le fichier de la solde.

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