Gabon: «Issoze Ngondet, de Premier ministre à… Rien»

Emmanuel Issoze Ngondet et Ali Bongo Ondimba © D.R

Dans une publication devenue virale sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter le week-end écoulé, des proches de l’ancien Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet se questionnent sur les raisons de son éviction de la Primature. Une « mise au placard » qu’ils condamnent en précisant que celle-ci pourrait emmener les Ogivins à tourner le dos au Parti démocratique gabonais. Lecture.



« Saisir les conséquences de l’éviction de Issoze Ngondet à la primature:

Je m’interroge!

Mais que lui reproche-t-on?

C’est au lendemain d’une élection très contestée qu’il va hériter de la Primature. Une élection entachée d’irrégularités, nous faisait d’ailleurs remarquer la communauté internationale. Notamment la délégation de l’Union européenne sur place au moment du scrutin. Sans  oublier une diaspora très incisive, qui bat le bitume tous les jours pour demander le départ du président ABO. C’est donc un Gabon au bord de l’explosion qui a été confié au Premier ministre. Pour apaiser les tensions politiques, il réussit à mettre en place un dialogue national. S’attelle aussi à assurer au pays une résilience économique grâce à la mise en œuvre du P.R.E (plan de relance économique).

C’est dans ce contexte controversé que le très discret Emmanuel Franck Issoze Ngondet, accepte avec courage la primature à la demande d’Ali Bongo Ondimba. Nomination historique puisque jamais un Ogivin n’avait été à ce poste qui revenait systématiquement aux Fang de l’Estuaire du temps d’Omar Bongo Ondimba. Des langues bien pendues diront qu’il avait été récompensé pour avoir donné une victoire cash et sans triche à Ali dans l’Ogooué Ivindo en 2016. Là où beaucoup des barons du pouvoir ont brillamment perdu dans leurs propres villages pour certains.

Mais se serait-on servi de lui, de son expérience diplomatique, après pour le mettre au placard ?

Je m’interroge !

N’oublions pas que l’homme fort d’Epassendjè, encore appelé « PIZO » c’est-à-dire, la force ou la puissance en langue Ikota est un diplomate chevronné. Un homme qui a fait sa carrière à l’international en tant que diplomate avec un carnet d’adresses long comme le bras. Et vraisemblablement, les « stratèges d’Ali » ont pensé à lui pour apaiser les tensions sur le plan national, mais surtout international. Chose d’ailleurs, qu’il a plutôt bien réussie. Avec à la clef ne l’oublions jamais car cette action restera  comme l’un de ses plus beaux succès, la victoire du PDG aux élections législatives et locales. Alors que ses antagonistes le poussaient à organiser des élections précipitées pour qu’il se casse la gueule, l’homme a pris du recul et a donné le temps au temps afin que tout se fasse à temps.

À qui profiterait cette humiliation ?

Je m’interroge !

Qui aurait convaincu Ali de nommer l’ancien P. M. en tant que médiateur de la République ? Poste d’ailleurs qui va s’inscrire aux antipodes du mandat d’élu de la commune de Makokou que le peuple lui a confié et en violation flagrante de  l’article 5 de la Constitution. Il y a comme une volonté manifeste de l’humilier. Même si nous sommes en politique, où tous les coups sont permis. Mais mettre un tel homme au placard relève de l’amateurisme de l’entourage du président. Et cette erreur, laisse à penser qu’Ali ne gère plus le pays. Car si la primature n’est pas la chasse gardée d’un homme, d’une province, ou même d’une ethnie. Mettre Issoze Ngondet au placard revient à se mettre à dos une province qui jusque là était restée fidèle au PDG.

Ne dit-on pas que:  » La vérité est comme les griffes de la panthère, elle ne se retrace pas lorsqu’elle doit se défendre « .

C.E.

».

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